Provided by: devscripts_2.9.10_i386 bug

NOM

       debuild - construit un paquet Debian

SYNOPSIS

       debuild  [options_debuild]  [options_dpkg-buildpackage] [--lintian-opts
       options_lintian] [--linda-opts options_linda]
       debuild [options_debuild] binary|binary-arch|binary-indep|clean ...

DESCRIPTION

       debuild crée tous les fichiers nécessaires pour télécharger  un  paquet
       vers   l’archive   Debian.   Il   exécute   dans   un   premier   temps
       dpkg-buildpackage, puis lintian et/ou linda avec  le  fichier  .changes
       créé  (en  supposant  que lintian et/ou linda sont installés), enfin il
       signe  les  fichiers  .changes  et/ou  .dsc  appropriés  (en  utilisant
       debsign(1)   plutôt   que  dpkg-buildpackage(1) ;  toutes  les  options
       relatives à la signature lui sont passées). Des paramètres peuvent être
       fournis   à   dpkg-buildpackage,   lintian   et   linda,  en  utilisant
       respectivement les options --lintian-opts et --linda-opts pour ces deux
       derniers. Les options --lintian et --no-lintian permettent de forcer ou
       d’empêcher l’exécution de lintian, tout comme les  options  --linda  et
       --no-linda pour linda. Par défaut, lintian est exécuté, mais pas linda.
       Il  y  a  également  d’autres  options  permettant  de  positionner  ou
       conserver  des  variables d’environnement, comme décrit dans la section
       « VARIABLES D’ENVIRONNEMENT ». Cette façon  d’exécuter  debuild  permet
       également  d’obtenir  un  journal  de  la  construction  du paquet dans
       ../<paquet>_<version>_<arch>.build.

       Une autre façon d’utiliser debuild est  d’utiliser  un  (ou  plus)  des
       paramètres  binary,  binary-arch,  binary-indep  et clean. Dans ce cas,
       debuild  cherchera  à  obtenir  les  privilèges  root  et  à   exécuter
       debian/rules      avec     ce(s)     paramètres(s).     Les     options
       -rootcmd=commande_pour_devenir_root   ou   -rcommande_pour_devenir_root
       peuvent  être  utilisées.  La  commande_pour_devenir_root  est en règle
       générale une de celles-ci : fakeroot, sudo ou super.  Voyez  ci-dessous
       pour une discussion plus approfondie sur ce point. Encore une fois, les
       options permettant de préserver l’environnement peuvent être utilisées.
       Dans  ce  cas,  debuild  cherchera également à exécuter dans un premier
       temps dpkg-checkbuilddeps ; ceci peut  être  explicitement  demandé  ou
       empêché  avec les options -D et -d, respectivement. Notez également que
       si une de ces options ou si l’option -r est spécifiée dans la  variable
       DEBUILD_DPKG_BUILDPACKAGE_OPTS  du  fichier de configuration, elle sera
       reconnue, même avec cette façon d’exécuter debuild.

       debuild lit aussi les fichiers de configuration de  devscripts  décrits
       ci-dessous. Ceci permet de fournir des options à utiliser par défaut.

Vérification du nom du répertoire

       Comme  certains  autres  scripts du paquet devscripts, debuild parcourt
       une arborescence de répertoires jusqu’à  ce  qu’il  trouve  un  fichier
       debian/changelog   avnt  de  construire  le  paquet.  Pour  éviter  les
       problèmes  posés  par  les  fichiers  égarés,  il  examine  le  nom  du
       répertoire  parent une fois qu’il a trouvé le fichier debian/changelog,
       et vérifie que le nom du répertoire correspond  au  nom  du  paquet  La
       façon  précise utilisée est contrôlée par les deux variables du fichier
       de        configuration        DEVSCRIPTS_CHECK_DIRNAME_LEVEL        et
       DEVSCRIPTS_CHECK_DIRNAME_REGEX,  et  les  options  en ligne de commande
       associées --check-dirname-level et --check-dirname-regex.

       DEVSCRIPTS_CHECK_DIRNAME_LEVEL peut prendre les valeurs suivantes :

       0      Ne vérifie jamais le nom du répertoire.

       1      Ne vérifie le nom du répertoire que  s’il  a  fallu  changer  de
              répertoire  pour  trouver  le fichier debian/changelog. C’est le
              comportement par défaut.

       2      Vérifie toujours le nom du répertoire.

       Le nom du répertoire est vérifié en testant si  le  nom  du  répertoire
       courant (donné par pwd(1)) correspond à l’expression rationnelle donnée
       par  la   variable   DEVSCRIPTS_CHECK_DIRNAME_REGEX   du   fichier   de
       configuration  ou  par  l’option --check-dirname-regex regex. Il s’agit
       d’une expression rationnelle Perl (voir perlre(1)), qui sera  ancrée  à
       son  début  et  sa  fin.  Si  elle  contient  un « / », alors elle doit
       correspondre au chemin complet. Si elle contient la chaîne « PACKAGE »,
       cette  chaîne  sera remplacée par le nom du paquet source déterminé par
       le  fichier  changelog.  La  valeur  par  défaut  de  cette  expression
       rationnelle  est  « PACKAGE(-.*)? »,  ce qui correspond aux répertoires
       nommés PACKAGE ou PACKAGE-version.

VARIABLES Dâ€â€™ENVIRONNEMENT
       Comme les variables d’environnement peuvent  affecter  la  construction
       d’un   paquet,   souvent  de  façon  non  volontaire,  debuild  nettoie
       l’environnement en enlevant toutes  les  variables  d’environnement,  à
       l’exception de TERM, HOME, LOGNAME, GNUPGHOME, PGPPATH, GPG_AGENT_INFO,
       FAKEROOTKEY, DEB_*  et  les  paramètres  régionaux  LANG  et  LC_*.  la
       variable   TERM   est   positionnée  à  « dumb »,  si  elle  n’est  pas
       positionnée,       et       PATH        est        positionnée        à
       « /usr/sbin:/usr/bin:/sbin:/bin:/usr/bin/X11 ».

       Si  une  variable  d’environnement  ne  doit  pas être modifiée pour la
       construction d’un paquet, il est possible d’utiliser  --preserve-envvar
       var  (ou  -e  var).  L’environnement  peut aussi ne pas être modifié en
       utilisant l’option --preserve-env. Cependant, même dans ce cas le  PATH
       est  remis  à la valeur précisée ci-dessus. Le seul moyen d’empêcher le
       PATH d’être remis à zéro est d’utiliser  une  option  --preserve-envvar
       PATH.  Mais soyez conscient qu’utiliser des programmes d’un emplacement
       non standard peut facilement résulter en un paquet cassé, puisqu’il  ne
       sera pas possible de la construire sur des systèmes standard.

       Il est également possible d’éviter d’avoir à écrire quelque chose comme
       TOTO=titi debuild -e TOTO en écrivant debuild -e TOTO=titi ou la  forme
       longue debuild --set-envvar TOTO=titi.

ACQUISITION DES PRIVILÈGES DU SUPERUTILISATEUR

       debuild doit être exécuté en tant que superutilisateur pour fonctionner
       correctement. Il y a trois façons fondamentalement différentes de faire
       cela.  La  première,  et  celle  qui est conseillée, est d’utiliser une
       commande permettant de devenir root.  La  meilleur  d’entre  elles  est
       probablement  fakeroot(1),  puisqu’elle  ne  nécessite  pas  d’accorder
       véritablement  de  privilèges.  super(1)  et  sudo(1)   sont   d’autres
       possibilités.   Si   aucune  option  -r  (ou  --rootcmd)  n’est  donnée
       (rappelez-vous que dpkg-buildpackage accepte également une  option  -r)
       et  qu’aucune  des  méthodes suivantes n’est utilisée, alors -rfakeroot
       sera supposé.

       La deuxième méthode  est  d’utiliser  une  commande  comme  su(1)  pour
       devenir  root, et ensuite de réaliser toutes les opérations en tant que
       root. Notez cependant que lintian s’arrêtera s’il est exécuté  en  tant
       que  root  ou  setuid  root ;  ceci  peut  être  contourné en utilisant
       l’option --allow-root de lintian si vous êtes sûr de vous.

       La troisième méthode consiste à installer debuild setuid root. Ce n’est
       pas  la  méthode  par défaut, et nécessitera l’installation en tant que
       tel par l’administrateur système. Il  faut  aussi  être  conscient  que
       toute personne pouvant exécuter debuild en tant que root ou setuid root
       a un accès complet au système. Cette  méthode  n’est  pas  recommandée,
       mais  fonctionnera.  debuild  peut  être  installé avec les permissions
       4754, de façon à ce  que  seul  les  membres  de  son  groupe  puissent
       l’exécuter.   L’inconvénient  de  cette  méthode  est  que  les  autres
       utilisateurs ne pourront plus alors  utiliser  ce  programme.  D’autres
       variantes  consistent à avoir plusieurs copies de debuild ou d’utiliser
       des programmes comme sudo ou super  pour  autoriser  sélectivement  des
       privilèges  root  à  certains  utilisateurs.  Si  l’administrateur veut
       utiliser   cette   méthode,   il   devra    utiliser    le    programme
       dpkg-statoverride  pour  modifier  les permissions de /usr/bin/debuild.
       Ceci permettra de conserver les permissions après les mises à jour.

OPTIONS

       Pour plus de détails, voir ci-dessus.

       --no-conf, --noconf
              Ne lit aucun fichier de configuration.  L’option  ne  peut  être
              utilisée qu’en première position de la ligne de commande.

       --rootcmd=commande-pour-devenir-root, -rcommande-pour-devenir-root
              Commande pour obtenir (ou simuler) les privilèges root.

       --preserve-env
              Ne nettoie pas l’environnement, à l’exception du PATH.

       --preserve-envvar=var, -evar
              Ne nettoie pas la variable d’environnement var.

       --set-envvar=var=valeur, -evar=valeur
              Positionne  la  variable  d’environnement  var  à  valeur  et ne
              l’enlève pas de l’environnement.

       --lintian
              Exécute lintian après dpkg-buildpackage. C’est  le  comportement
              par  défaut.  Cette  option  permet  de  remplacer une directive
              contraire placée dans un fichier de configuration.

       --no-lintian
              N’exécute pas lintian après dpkg-buildpackage.

       --linda
              Exécute linda après dpkg-buildpackage.

       --no-linda
              N’exécute pas linda  après  dpkg-buildpackage,  ce  qui  est  le
              comportement par défaut.

       --check-dirname-level N
              Veuillez   consulter   la   section  « Vérification  du  nom  du
              répertoire » pour une explication de cette option.

       --check-dirname-regex regex
              Veuillez  consulter  la  section  « Vérification   du   nom   du
              répertoire » pour une explication de cette option.

       -d     N’exécute  pas dpkg-checkbuilddeps pour vérifier les dépendances
              de construction du paquet (« build dependencies »).

       -D     Exécute dpkg-checkbuilddeps pour  vérifier  les  dépendances  de
              construction.

VARIABLES DE CONFIGURATION

       Les    deux   fichiers   de   configuration   /etc/devscripts.conf   et
       ~/.devscripts sont évalués  dans  cet  ordre  par  un  interpréteur  de
       commande  (« shell »)  pour  placer les variables de configuration. Des
       options de ligne de commande peuvent être  utilisées  pour  neutraliser
       les  paramètres  des  fichiers  de  configuration.  Les  paramètres des
       variables d’environnement sont ignorés à  cette  fin.  Si  la  première
       option  donnée en ligne de commande est --noconf, alors ces fichiers ne
       sont pas évalués. Les variables actuellement identifiées sont :

       DEBUILD_PRESERVE_ENV
              Si elle est positionnée à yes, alors  c’est  comme  si  l’option
              --preserve-env était utilisée.

       DEBUILD_PRESERVE_ENVVARS
              Définie  les  variables  d’environnement  à  conserver. Elle est
              constituée d’une liste de variables d’environnement séparées par
              des  virgules.  Ceci  correspond  à  utiliser plusieurs fois les
              options --preserve-envvar ou -e.

       DEBUILD_SET_ENVVAR_var=valeur
              Équivaut à utiliser --set-envvar=var=value.

       DEBUILD_ROOTCMD
              Positionner cette variable à prog équivaut à utiliser -rprog.

       DEBUILD_DPKG_BUILDPACKAGE_OPTS
              Voici les options qui devraient être passées à  l’invocation  de
              dpkg-buildpackage.  Elles  sont  données  avant  toute option en
              ligne de commande. À cause des problèmes de guillemets avec  les
              interpréteurs  de  commandes,  pour  les paramètres contenant un
              espace,   il   sera   nécessaire   d’ajouter   des    guillemets
              supplémentaires. Par exemple, le fichier de configuration pourra
              contenir :

              DEBUILD_DPKG_BUILDPACKAGE_OPTS="-k’Julian Gilbey <jdg@debian.org>’ -sa"

              ce qui fournit exactement  deux  options.  Sans  les  guillemets
              supplémentaires,  dpkg-buildpackage  se  serait  plaint (à juste
              titre) que  Gilbey  n’est  pas  une  option  reconnue  (elle  ne
              commence pas par un signe « - »).

              Également,  si  ce  paramètre  contient  une  (ou plusieurs) des
              options -r, -d ou -D, elle sera toujours  prise  en  compte  par
              debuild.  Notez que l’option -r placée ici écrasera le paramètre
              DEBUILD_ROOTCMD.

       DEBUILD_LINTIAN
              Si elle est positionnée à no, alors lintian ne sera pas exécuté.

       DEBUILD_LINTIAN_OPTS
              Ce   sont   les   options  qui  doivent  être  passées  lors  de
              l’invocation de lintian. Elles sont données avant  toute  option
              en  ligne  de  commande, et l’utilisation de cette option est la
              même     que     celle     décrite     pour     la      variable
              DEBUILD_DPKG_BUILDPACKAGE_OPTS.

       DEBUILD_LINDA
              Si elle est positionnée à yes, alors linda sera exécuté.

       DEBUILD_LINDA_OPTS
              Ce   sont   les   options  qui  doivent  être  passées  lors  de
              l’invocation de linda. Elles sont données avant toute option  en
              ligne  de commande, et l’utilisation de cette option est la même
              que       celle       décrite       pour       la       variable
              DEBUILD_DPKG_BUILDPACKAGE_OPTS.

       DEVSCRIPTS_CHECK_DIRNAME_LEVEL, DEVSCRIPTS_CHECK_DIRNAME_REGEX
              Veuillez   consulter   la   section  « Vérification  du  nom  du
              répertoire » ci-dessus pour une explication  de  ces  variables.
              Notez  que  ce sont des variables de configuration pour tous les
              outils du paquet devscripts ; elles impacteront tous les scripts
              qui  les  utilisent,  comme  indiqué  dans leurs pages de manuel
              respectives et dans devscripts.conf(5).

VOIR AUSSI

       dpkg-buildpackage(1), dpkg-checkbuilddeps(1), debsign(1),  fakeroot(1),
       lintian(1),  linda(1),  chmod(1), dpkg-statoverride(8), su(1), sudo(1),
       super(1) et devscripts.conf(5).

AUTEUR

       Le   programme   debuild   a   été   écrit   par   Christoph    Lameter
       <clameter@debian.org>.  La  version  actuelle  a  été écrite par Julian
       Gilbey <jdg@debian.org>.

TRADUCTION

       Ce document est une traduction, réalisée par  Nicolas  FRANÇOIS  le  21
       janvier 2005.

       L’équipe  de  traduction a fait le maximum pour réaliser une adaptation
       française de qualité.

       La version anglaise  la  plus  à  jour  de  ce  document  est  toujours
       consultable en ajoutant l’option « -L C » à la commande man.

       N’hésitez  pas  à  signaler  à  l’auteur  ou  à  la liste de traduction
       <debian-l10-french@lists.debian.org>, selon le cas, toute  erreur  dans
       cette page de manuel.