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manpages-fr-dev_2.64.1-1_all 
NOM
open, creat - Ouvrir ou créer éventuellement un fichier ou un
périphérique
SYNOPSIS
#include <sys/types.h>
#include <sys/stat.h>
#include <fcntl.h>
int open(const char *pathname, int flags);
int open(const char *pathname, int flags, mode_t mode);
int creat(const char *pathname, mode_t mode);
DESCRIPTION
Étant donné le chemin pathname d’un fichier, open() renvoie un
descripteur de fichier (petit entier positif ou nul) qui pourra ensuite
être utilisé dans d’autres appels système (read(2), write(2), lseek(2),
fcntl(2), etc.). Le descripteur de fichier renvoyé par un appel réussi
sera le plus petit descripteur de fichier non actuellement ouvert par
le processus.
Le nouveau descripteur de fichier est configuré pour rester ouvert
après un appel à execve(2) (son attribut FD_CLOEXEC décrit dans
fcntl(2) est initialement désactivé). La position dans le fichier est
fixée au début du fichier (voir lseek(2)).
Un appel à open() crée une nouvelle description de fichier ouvert, une
entrée dans la table de fichiers ouverts du système. Cette entrée
enregistre la position dans le fichier et les attributs d’état du
fichier (modifiables par l’opération F_SETFL de fcntl(2)). Un
descripteur de fichier est une référence à l’une de ces entrées ; cette
référence n’est pas modifiée si pathname est ensuite supprimé ou
modifié pour correspondre à un autre fichier. La nouvelle description
de fichier ouvert n’est initialement partagée avec aucun autre
processus, mais ce partage peut apparaître après un fork(2).
Le paramètre flags est l’un des éléments O_RDONLY, O_WRONLY ou O_RDWR
qui réclament respectivement l’ouverture du fichier en lecture seule,
écriture seule, ou lecture-écriture.
De plus, zéro ou plus d’attributs de création de fichier et d’attributs
d’état de fichier peuvent être spécifiés dans flags avec un OU binaire.
Les attributs de création de fichier sont O_CREAT, O_EXCL, O_NOCTTY et
O_TRUNC. Les attributs d’état de fichier sont tous les autres attributs
listés ci‐dessous. La distinction entre ces deux groupes est que les
attributs d’état de fichier peuvent être lus et (dans certains cas)
modifiés avec fcntl(2). La liste complète des attributs de création et
d’état de fichier est la suivante :
O_APPEND
Le fichier est ouvert en mode « ajout ». Initialement, et avant
chaque write(2), la tête de lecture/écriture est placée à la fin
du fichier comme avec lseek(2). Il y a un risque d’endommager le
fichier lorsque O_APPEND est utilisé, sur un système de fichiers
NFS, si plusieurs processus tentent d’ajouter des données
simultanément au même fichier. Ceci est dû au fait que NFS ne
supporte pas l’opération d’ajout de données dans un fichier,
aussi le noyau du client est obligé de la simuler, avec un
risque de concurrence des tâches.
O_ASYNC
Déclencher un signal (SIGIO par défaut, mais peut être changé
via fcntl(2)) lorsque la lecture ou l’écriture deviennent
possibles sur ce descripteur. Ceci n’est possible que pour les
terminaux, pseudo-terminaux, sockets et (depuis Linux 2.6) tubes
et FIFO. Voir fcntl(2) pour plus de détails.
O_CREAT
Créer le fichier s’il n’existe pas. Le possesseur (UID) du
fichier est renseigné avec l’UID effectif du processus. Le
groupe propriétaire (GID) du fichier est le GID effectif du
processus ou le GID du répertoire parent (ceci dépend du système
de fichiers, des options de montage, du mode du répertoire
parent, etc.) Voir par exemple les options de montage bsdgroups
et sysvgroups du système de fichiers ext2, décrites dans la page
mount(8)).
O_DIRECT
Essayer de minimiser les effets du cache d’entrée-sortie sur ce
fichier. Ceci dégradera en général les performances, mais est
utilisé dans des situations spéciales, lorsque les applications
ont leur propres caches. Les entrées-sorties dans le fichier se
font directement depuis l’espace utilisateur, elles sont
synchrones (à la fin de read(2) ou write(2), les données ont
obligatoirement été transférées). Sous Linux 2.4, la taille des
transferts, l’alignement du tampon et la position dans le
fichier doivent être des multiples de la taille de blocs
logiques du système de fichiers. Sous Linux 2.6, un alignement
sur des multiples de 512 octets est suffisant.
Une interface à la sémantique similaire (mais dépréciée) pour
les périphériques de type bloc est décrite à la page raw(8).
O_DIRECTORY
Si pathname n’est pas un répertoire, l’ouverture échoue. Cet
attribut est spécifique à Linux et fut ajouté dans la version
2.1.126 du noyau, pour éviter des problèmes de dysfonctionnement
si opendir(3) est invoqué sur une FIFO ou un périphérique de
bande. Cet attribut ne devrait jamais être utilisé ailleurs que
dans l’implémentation de opendir(3).
O_EXCL En conjonction avec O_CREAT, déclenchera une erreur si le
fichier existe, et open() échouera. On considère qu’un lien
symbolique existe, quel que soit l’endroit où il pointe. O_EXCL
ne fonctionne pas sur les systèmes de fichiers NFS. Les
programmes qui ont besoin de cette fonctionnalité pour
verrouiller des tâches risquent de rencontrer une concurrence
critique (race condition). La solution consiste à créer un
fichier unique sur le même système de fichiers (par exemple avec
le PID et le nom de l’hôte), utiliser link(2) pour créer un lien
sur un fichier de verrouillage. Si link(2) renvoie 0, le
verrouillage est réussi. Sinon, utiliser stat(2) sur ce fichier
unique pour vérifier si le nombre de liens a augmenté jusqu’à 2,
auquel cas le verrouillage est également réussi.
O_LARGEFILE
(LFS) Permet d’ouvrir des fichiers dont la taille ne peut pas
être représentée dans un off_t (mais peut l’être dans un
off64_t). La macro _LARGEFILE64_SOURCE doit être définie pour
obtenir cette définition. Fixer la macro _FILE_OFFSET_BITS à 64
est la méthode à favoriser pour accéder à des grands fichiers
sur des systèmes 32 bits, plutôt que d’utiliser O_LARGEFILE
(voir feature_test_macros(7)).
O_NOATIME
(Depuis Linux 2.6.8) Ne pas mettre à jour l’heure de dernier
accès au fichier (champ st_atime de l’inœud) quand le fichier
est lu avec read(2). Ce attribut est seulement conçu pour les
programmes d’indexation et d’archivage, pour lesquels il peut
réduire significativement l’activité du disque. L’attribut peut
ne pas être effectif sur tous les systèmes de fichiers. Par
exemple, avec NFS, l’heure d’accès est mise à jour par le
serveur.
O_NOCTTY
Si pathname correspond à un périphérique de terminal — voir
tty(4) —, il ne deviendra pas le terminal contrôlant le
processus même si celui-ci n’est attaché à aucun autre terminal.
O_NOFOLLOW
Si pathname est un lien symbolique, l’ouverture échoue. Ceci est
une extension FreeBSD, qui fut ajoutée à Linux dans la version
2.1.126. Les liens symboliques se trouvant dans le chemin
d’accès proprement dit seront suivis normalement.
O_NONBLOCK ou O_NDELAY
Le fichier est ouvert en mode « non-bloquant ». Ni la fonction
open() ni aucune autre opération ultérieure sur ce fichier ne
laissera le processus appelant en attente. Pour la manipulation
des FIFO (tubes nommés), voir également fifo(7). Pour une
explication de l’effet de O_NONBLOCK en conjonction avec les
verrouillages impératifs et les bauxs de fichiers, voir
fcntl(2).
O_SYNC Le fichier est ouvert en écriture synchronisée. Chaque appel à
write(2) sur le fichier bloquera le processus appelant jusqu’à
ce que les données aient été écrites physiquement sur le support
matériel (voir la section NOTES plus bas).
O_TRUNC
Si le fichier existe, est un fichier régulier, et est ouvert en
écriture (O_RDWR ou O_WRONLY), il sera tronqué à une longueur
nulle. Si le fichier est une FIFO ou un périphérique terminal,
l’attribut O_TRUNC est ignoré. Sinon, le comportement de O_TRUNC
n’est pas précisé. Sur de nombreuses versions de Linux, il sera
ignoré ; sur d’autres versions il déclenchera une erreur).
Certains de ces attributs optionnels peuvent être modifiés par la suite
avec la fonction fcntl(2).
L’argument mode indique les permissions à utiliser si un nouveau
fichier est créé. Cette valeur est modifiée par le umask du processus :
la véritable valeur utilisée est (mode & ~umask). Notez que ce mode ne
s’applique qu’aux accès ultérieurs au fichier nouvellement créé.
L’appel open() qui crée un fichier dont le mode est en lecture seule
fournira quand même un descripteur de fichier en lecture et écriture.
Les constantes symboliques suivantes sont disponibles pour mode :
S_IRWXU
00700 L’utilisateur (propriétaire du fichier) a les
autorisations de lecture, écriture, exécution.
S_IRUSR
00400 L’utilisateur a l’autorisation de lecture.
S_IWUSR
00200 L’utilisateur a l’autorisation d’écriture.
S_IXUSR
00100 L’utilisateur a l’autorisation d’exécution.
S_IRWXG
00070 Le groupe a les autorisations de lecture, écriture,
exécution.
S_IRGRP
00040 Le groupe a l’autorisation de lecture.
S_IWGRP
00020 Le groupe a l’autorisation d’écriture.
S_IXGRP
00010 Le groupe a l’autorisation d’exécution.
S_IRWXO
00007 Tout le monde a les autorisations de lecture, écriture,
exécution.
S_IROTH
00004 Tout le monde a l’autorisation de lecture.
S_IWOTH
00002 Tout le monde a l’autorisation d’écriture.
S_IXOTH
00001 Tout le monde a l’autorisation d’exécution.
Le mode devrait toujours être indiqué quand O_CREAT est dans les
attributs flags, (il est ignoré dans les autres cas).
creat() est équivalent à open() avec l’attribut flags égal à O_CREAT |
O_WRONLY | O_TRUNC.
VALEUR RENVOYÉE
open() et creat() renvoient le nouveau descripteur de fichier s’ils
réussissent, ou -1 s’ils échouent, auquel cas errno contient le code
d’erreur.
ERREURS
EACCES L’accès demandé au fichier est interdit, ou la permission de
parcours pour l’un des répertoires du chemin pathname est
refusée, ou le fichier n’existe pas encore et le répertoire
parent ne permet pas l’écriture. (Voir aussi
path_resolution(7).)
EEXIST pathname existe déjà et O_CREAT et O_EXCL ont été indiqués.
EFAULT pathname pointe en‐dehors de l’espace d’adressage accessible
EFBIG pathname fait référence à un fichier régulier, trop grand pour
pouvoir être ouvert — voir O_LARGEFILE plus haut (POSIX.1-2001
spécifie l’erreur EOVERFLOW dans ce cas).
EISDIR On a demandé une écriture alors que pathname correspond à un
répertoire (en fait, O_WRONLY ou O_RDWR ont été demandés).
ELOOP pathname contient une référence circulaire (à travers un lien
symbolique), ou l’attribut O_NOFOLLOW est indiqué et pathname
est un lien symbolique.
EMFILE Le processus a déjà ouvert le nombre maximal de fichiers.
ENAMETOOLONG
pathname est trop long.
ENFILE La limite du nombre total de fichiers ouverts sur le système a
été atteinte.
ENODEV pathname correspond à un fichier spécial et il n’y a pas de
périphérique correspondant. (Ceci est un bogue du noyau Linux ;
dans cette situation, ENXIO devrait être renvoyé.)
ENOENT O_CREAT est absent et le fichier n’existe pas. Ou un répertoire
du chemin d’accès pathname n’existe pas, ou est un lien
symbolique pointant nulle part.
ENOMEM Pas assez de mémoire pour le noyau.
ENOSPC pathname devrait être créé mais le périphérique concerné n’a
plus assez de place pour un nouveau fichier.
ENOTDIR
Un élément du chemin d’accès pathname n’est pas un répertoire,
ou l’attribut O_DIRECTORY est utilisé et pathname n’est pas un
répertoire.
ENXIO O_NONBLOCK | O_WRONLY est indiqué, le fichier est une FIFO et le
processus n’a pas de fichier ouvert en lecture. Ou le fichier
est un noeud spécial et il n’y a pas de périphérique
correspondant.
EPERM L’attribut O_NOATIME est indiqué, mais l’UID effectif de
l’appelant n’est pas le propriétaire du fichier, et l’appelant
n’est pas privilégié (CAP_FOWNER).
EROFS Un accès en écriture est demandé alors que pathname réside sur
un système de fichiers en lecture seule.
ETXTBSY
On a demandé une écriture alors que pathname correspond à un
fichier exécutable actuellement utilisé.
EWOULDBLOCK
L’attribut O_NONBLOCK est indiqué, et un bail incompatible est
détenu sur le fichier (voir fcntl(2)).
CONFORMITÉ
SVr4, BSD 4.3, POSIX.1-2001. Les attributs O_NOATIME, O_NOFOLLOW et
O_DIRECTORY sont spécifiques à Linux. Il faut définir la constante
symbolique _GNU_SOURCE pour avoir leurs définitions.
NOTES
Sous Linux, le drapeau O_NONBLOCK indique que l’on veut ouvrir mais pas
nécessairement dans l’intention de lire ou d’écrire. Il est typiquement
utilisé pour ouvrir des périphériques dans le but de récupérer un
descripteur de fichier pour l’utiliser avec ioctl(2).
L’effet (indéfini) de O_RDONLY | O_TRUNC varie selon l’implémentation.
Sur de nombreux systèmes, le fichier est effectivement tronqué.
L’attribut O_DIRECT a été introduit par SGI IRIX, qui a des
restrictions d’alignement identiques à Linux 2.4. IRIX a aussi un appel
fcntl(2) pour obtenir les alignements et tailles appropriés. FreeBSD
4.x a introduit un attribut du même nom, mais sans les restrictions
d’alignement. Le support a été ajouté dans Linux 2.4.10. Les noyaux
plus anciens ignorent simplement cet attribut. Il peut être nécessaire
de définir la macro _GNU_SOURCE pour avoir la définition de cet
attribut.
Plusieurs problèmes se posent avec le protocole NFS, concernant entre
autres O_SYNC, et O_NDELAY .
POSIX fournit trois variantes différentes des entrées-sorties
synchronisées correspondant aux attributs O_SYNC, O_DSYNC et O_RSYNC.
Actuellement (2.1.130) elles sont toutes équivalentes sous Linux.
Notez que open() peut ouvrir des fichiers spéciaux mais creat() ne peut
pas en créer, il faut utiliser mknod(2) à la place.
Sur les systèmes de fichiers NFS, où la correspondance d’UID est
activée, open() peut renvoyer un descripteur de fichier alors qu’une
requête read(2) par exemple sera refusée avec le code d’erreur EACCES.
En effet, le client a effectué open() en vérifiant les autorisations
d’accès, mais la correspondance d’UID est calculée par le serveur au
moment des requêtes de lecture ou d’écriture.
Si un fichier est créé, ses horodatages st_atime, st_ctime, st_mtime
(respectivement heure de dernier accès, de dernière modification
d’état, et de dernière modification ; voir stat(2)) sont fixés à
l’heure actuelle, ainsi que les champs st_ctime et st_mtime du
répertoire parent. Sinon, si le fichier est modifié à cause de
l’attribut O_TRUNC, ses champs st_ctime et st_mtime sont remplis avec
l’heure actuelle.
BOGUES
« Ce qui m’a toujours dérangé avec O_DIRECT est que toute l’interface
est stupide et a probablement été conçue par un singe dérangé, sous
l’influence de substances psychotropes puissantes ». — Linus.
Actuellement, il n’est pas possible d’activer les entrées-sorties
contrôlées par les signaux en indiquant O_ASYNC lors de l’appel
open() ; il faut utiliser fcntl(2) pour activer cet attribut.
VOIR AUSSI
close(2), dup(2), fcntl(2), link(2), lseek(2), mknod(2), mount(2),
mmap(2), openat(2), read(2), socket(2), stat(2), umask(2), unlink(2),
write(2), fopen(3), fifo(7), feature_test_macros(7), path_resolution(7)
TRADUCTION
Cette page de manuel a été traduite et mise à jour par Christophe
Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/> entre 1996 et 2003, puis par
Alain Portal <aportal AT univ-montp2 DOT fr> jusqu’en 2006, et mise à
disposition sur http://manpagesfr.free.fr/.
Les mises à jour et corrections de la version présente dans Debian sont
directement gérées par Julien Cristau <jcristau@debian.org> et l’équipe
francophone de traduction de Debian.
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