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po4a_0.38-1_all 
NOM
po4a - Cadre de travail pour la traduction de documentations et autres
documents
Introduction
L’objectif du projet po4a [po for anything -- po pour tout] est de
simplifier la traduction (et de façon plus intéressante, la maintenance
des traductions) en utilisant les outils gettext dans des domaines pour
lesquels ils n’étaient pas destinés, comme la documentation.
Table des matières
Ce document est organisé de la manière suivante:
1 Pourquoi utiliser po4a? À quoi cela sert-il?
Cette section d’introduction explique les motivations du projet et
sa philosophie. Vous devriez le lire si vous cherchez à évaluer
po4a pour vos traductions.
2 Comment utiliser les fonctionnalités de po4a?
Cette section est une sorte de manuel de référence qui cherche Ã
répondre aux questions des utilisateurs et qui vous donnera une
meilleure compréhension de son fonctionnement. Il vous donnera les
bases de l’utilisation de po4a et sert d’introduction à la
documentation des outils spécifiques.
Comment commencer une nouvelle traduction?
Comment convertir la traduction en un fichier de documentation?
Comment mettre à jour une traduction faite avec po4a?
Comment convertir une traduction pré-existante à ce système?
Comment ajouter des choses n’étant pas des traductions (comme le
nom du traducteur)?
Comment automatiser tout ceci?
Comment personaliser po4a?
3 Comment ça marche?
Cette section vous donne un bref aperçu des rouages internes de
po4a afin que vous vous sentiez plus à même de nous aider à le
maintenir et l’améliorer. Elle peut également vous permettre de
comprendre pourquoi cela ne fait pas ce que vous souhaitez et
corriger vos problèmes par vous-même.
4 FAQ
Cette section regroupe les questions le plus souvent posées. En
fait, la plupart d’entre elles sont des questions de design du
projet. Si vous pensez que po4a n’est pas la bonne réponse au
problème de traduction de documentation, lisez cette section avant
de nous donner votre avis sur la liste de diffusion
<po4a-devel@lists.alioth.debian.org>. Votre avis nous intéresse.
5 Notes spécifiques à certains modules
Cette section présente les spécificités de chaque module du point
de vue du traducteur et de l’auteur original. Lisez le pour prendre
connaissance du format des traductions pour ce module et les règles
à suivre dans le document original pour rendre le travail des
traducteurs plus simple.
Cette section ne fait pas vraiment partie de ce document, mais elle
est placée dans chaque documentation des modules. Ceci permet de
s’assurer que les informations sont à jour en conservant la
documentation et le code ensemble.
6 Bogues connus et fonctionnalités manquantes
Un certain nombre déjà :(
Pourquoi utiliser po4a? Dans quel domaine est-il bon?
J’aime le concept des logiciels à sources ouverts, qui permettent de
donner à tous un accès au logiciel et à son code source. Mais, étant
moi-même français, je suis conscient que la licence n’est pas le seul
frein à l’ouverture d’un logiciel: les logiciels non traduits, même
s’ils sont libres, sont sans aucune utilité pour ceux qui ne
comprennent pas l’anglais, et il y a encore beaucoup de travail pour
les rendre accessibles à vraiment tout le monde.
La perception du problème par les acteurs du développement libre s’est
fortement accélérée récemment. Nous, les traducteurs, avons gagné une
première bataille et avons convaincu tout le monde de l’importance des
traductions. Mais c’est malheureusement la partie la plus facile. Il
faut maintenant réaliser tout le travail et traduire tous les
documents.
Les logiciels aux sources ouverts bénéficient d’un niveau de traduction
relativement bon, grâce à la formidable suite d’outils gettext. Ces
outils permettent d’extraire les chaînes à traduire du programme, de
les présenter sous une forme standard pour les traducteurs, puis
d’utiliser le résultat de leur travail lors de l’exécution pour
afficher les messages traduits aux utilisateurs.
Mais cette situation est assez différente en ce qui concerne les
documentations. Trop souvent, la documentation traduite n’est pas assez
visible (pas distribuée avec le programme), seulement partielle ou pas
à jour. Cette dernière situation est de loin la moins bonne. Les
traductions pas à jour peuvent se révéler plus embêtantes pour les
utilisateurs que l’absence de traduction parce que d’anciens
comportements d’un programme peuvent y être décrits, mais ne plus être
en vigueur.
La problématique
La traduction des documentations n’est pas une tâche difficile en
elle-même. Les textes sont bien plus longs que les messages des
programmes ce qui rend leur traduction plus longue, mais il n’y a
aucune difficulté technique à faire ceci. La difficulté vient en fait
de la maintenance de la traduction. La détection des parties ayant été
modifiées et nécessitant une mise à jour est une tâche très difficile,
ce qui explique que tant de traductions ne correspondent plus à la
version originale.
La réponse de po4a
La maintenance de la traduction est donc la raison première de po4a. La
façon de faire de gettext a été réutilisée dans ce but. Comme avec
gettext, des chaînes de texte sont extraites de leur emplacement
d’origine de façon à être présentées de façon standardisée aux
traducteurs. Les outils pour gettext sont ensuite utilisés pour aider
le traducteur à faire son travail lorsqu’une nouvelle version du
document est disponible. Mais, à la différence de l’utilisation
classique de gettext, les traductions sont réinjectée dans la structure
du document d’origine de façon à pouvoir les utiliser ou les distribuer
comme les documents de la version anglaise.
Grâce à ceci, la détection des parties du document qui nécessitent une
mise à jour est très facile. Un autre avantage est que l’outil va faire
une bonne partie du travail lorsque seule la structure du document Ã
été modifiée et que des chapitres ont été déplacés, rassemblés ou
redécoupés. En extrayant le texte à traduire de la structure du
document, il permet également de masquer la complexité de la mise en
page et réduit les chances d’avoir un document défectueux (même s’il
reste un risque).
Veuillez également consulter la FAQ plus bas dans ce document pour une
liste plus complète des avantages et inconvénients de cette approche.
Formats supportés
Actuellement, cette approche a été implémentée avec succès pour un
certain nombre de formats de mise en page de texte.
nroff
Le bon vieux format des pages de manuel, utilisé par beaucoup de
programmes. Le support de po4a pour ce format est très utile parce que
ce format est assez compliqué, surtout pour les débutants. Le module
Locale::Po4a::Man(3pm) supporte également le format mdoc, utilisé par
les pages de manuel BSD (elles sont également assez fréquentes sous
Linux).
pod
C’est le format pour la documentation en ligne de Perl («Perl Online
Documentation»). Le langage et ses documentations sont documentés de
cette façon, ainsi que la plupart des scripts Perl existants. Il permet
de garder la documentation plus fidèle au code en les intégrant tous
deux au même fichier. Il rend la vie du programmeur plus simple, mais
malheureusement pas celle du traducteur.
sgml
Même s’il est de plus en plus remplacé par le XML, ce format est encore
assez utilisé pour les documents dont la taille dépasse plusieurs
écrans. Il permet de faire des livres complets. La mise à jours de
documents aussi longs est un vrai cauchemar. diff se montre souvent
inutile quand le document original a été réindenté après une mise Ã
jour. Heureusement, po4a vous aide dans cette tâche.
Actuellement, seuls les DTD debiandoc et docbook sont supportés, mais
l’ajout d’un nouveau est très facile. Il est même possible d’utiliser
po4a avec un DTD sgml inconnu sans modifier le code en fournissant les
informations nécessaires sur la ligne de commande. Veuillez consulter
Locale::Po4a::Sgml(3pm) pour plus de détails.
TeX / LaTeX
Le format LaTeX est un format majeur utilisé pour les documentations
dans le monde du logiciel libre ou pour des publications. Le module
Locale::Po4a::LaTeX(3pm) a été testé avec la documentation de Python,
un livre et avec quelques présentations.
texinfo
Toutes les documentations du projet GNU sont écrites dans ce format
(c’est même une des exigences pour devenir un projet officiel du projet
GNU). Le support pour Locale::Po4a::Texinfo(3pm) dans po4a en est
encore à ses début. Veuillez nous envoyer des rapports de bogue ou des
demandes de nouvelle fonctionnalité.
xml
Le format XML est à la base de beaucoup de formats pour la
documentation.
À ce jour, la DTD docbook est supportée par po4a. Veuillez consulter
Locale::Po4a::Docbook(3pm) pour plus de détails.
autres
Po4a peut également gérer des formats plus rares et plus spécifiques,
tels que celui de la documentation des options de compilation des
noyaux 2.4.x ou les diagrammes produits par l’outil dia. L’ajout d’un
nouveau format est souvent très simple, et consiste principalement Ã
fournir un interpréteur pour le format voulu. Veuillez consulter
Locale::Po4a::TransTractor(3pm) pour plus d’informations à ce sujet.
Formats non supportés
Malheureusement, po4a ne supporte pas encore certains formats utilisés
pour les documentations.
Il y a une quantité d’autres formats que nous aimerions supporter avec
po4a, et pas seulement des formats de documentation. En fait, nous
visons toutes les «niches» laissées par les outils gettext classiques.
Cela va de la traduction de la documentation des descriptions des
paquets Debian et paquetages rpm, aux les questions posées par les
scripts d’installation, ex passant par les fichiers changelog, et de
tous les formats spécifiques tels que les scénarios de jeux ou les
fichiers de ressource pour wine.
Comment utiliser po4a?
Cette section est une sorte de manuel de référence qui cherche Ã
répondre aux questions des utilisateurs et qui vous donnera une
meilleure compréhension de son fonctionnement. Il vous donnera les
bases de l’utilisation de po4a et sert d’introduction à la
documentation des outils spécifiques.
Résumé graphique
Le schéma suivant donne un aperçu du processus mis en oeuvre pour la
traduction de documents avec po4a. Ne soyez pas effrayé par son
apparente complexité, qui est due au fait que le processus complet y
est présenté. Une fois que vous avez converti votre projet à po4a,
seule la partie de droite du graphique est utilisée.
Notez que «maitre.doc» est pris pour exemple de documentation Ã
traduire et «traduction.doc» est la traduction correspondante.
L’extension pourrait être «.pod», «.xml» ou «.sgml» en fonction du
format. Chaque partie de la figure est détaillée dans les sections
suivantes.
maitre.doc
|
V
+<-----<----+<-----<-----<--------+------->-------->-------+
: | | :
{traduction} | { mise à jour de maitre.doc } :
: | | :
XX.doc | V V
(optionnel) | maitre.doc ->-------->------>+
: | (nouveau) |
V V | |
[po4a-gettextize] doc.XX.po--->+ | |
| (ancien) | | |
| ^ V V |
| | [po4a-updatepo] |
V | | V
traduction.pot ^ V |
| | doc.XX.po |
| | (fuzzy) |
{ traduction } | | |
| ^ V V
| | {édition manuelle} |
| | | |
V | V V
doc.XX.po --->---->+<---<-- doc.XX.po addendum maitre.doc
(initial) (Ã jour) (optionnel) (Ã jour)
: | | |
: V | |
+----->----->----->------> + | |
| | |
V V V
+------>-----+------<------+
|
V
[po4a-translate]
|
V
XX.doc
(Ã jour)
La partie gauche illustre la conversion d’une traduction n’utilisant
pas po4a. En haut de la partie droite est présenté ce qui est du
ressort de l’auteur du document d’origine (la mise à jour de la
documentation). Au milieu de la partie de droite se trouve la partie
automatisée par po4a. Les nouvelles chaînes sont extraites et comparées
avec la traduction existante. Pour celles qui n’ont pas changé, la
traduction précédente est utilisée. Celles qui ont été en partie
modifiées sont également associées à leur ancienne traduction, mais
avec un marquage spécifique indiquant que la traduction doit être mise
à jour. La partie du bas indique comment le document formaté est
construit.
En fait, en tant que traducteur, la seule opération manuelle consiste
en l’étape indiquée par {édition manuelle}. En effet, nous nous en
excusons, po4a aide à la traduction, mais il ne traduit rien pour
vous...
Comment commencer une nouvelle traduction?
Cette section présente les étapes nécessaires pour débuter une nouvelle
traduction avec po4a. Les modifications à appliquer pour la conversion
d’un projet existant sont détaillées dans la section correspondante.
Voici les étapes permettant de commencer une traduction avec po4a:
- Extraction du texte du document d’origine <maitre.doc> qui doit être
traduit dans <traduction.pot>, un nouveau fichier pot (le format
utilisé par gettext). Pour ceci, utilisez po4a-gettextize de cette
façon:
$ po4a-gettextize -f <format> -m <maitre.doc> -p <traduction.pot>
Naturellement, <format> est le format du document maitre.doc et la
sortie est placée dans traduction.pot. Veuillez consulter
po4a-gettextize(1) pour plus de détails concernant les options
existantes.
- Traduit réellement ce qui doit être traduit. Pour cela, vous devez
renommer le fichier pot en doc.XX.po (où XX est le code ISO639 de la
langue vers laquelle vous êtes en train de traduire, c.-à -d. «fr»
pour le français), puis éditer ce fichier. C’est souvent une bonne
idée de ne pas nommer le fichier XX.po pour éviter de confondre ce
fichier avec la traduction des messages du programme, mais vous
faites comme vous voulez. N’oubliez pas de mettre à jour les en-têtes
du fichier po, ils sont importants.
La traduction peut être réalisée avec Emacs et son mode po ou kbabel
(basé sur KDE) ou gtranslator (basé sur GNOME) ou encore n’importe
quel programme que vous préférez utiliser pour l’édition de ces
fichiers. Un bon vieux vi fera l’affaire, même s’il n’y a pas de mode
spécial pour ce type de tâche.
Si vous voulez en apprendre plus à ce sujet, vous voudrez
probablement consulter la documentation de gettext, disponible dans
le paquet gettext-doc.
Comment convertir la traduction en un fichier de documentation?
Une fois que la traduction est effectuée, il faut générer la
documentation traduite et la distribuer avec l’original. Pour cela,
utilisez po4a-translate(1) de cette façon (XX représente le code de la
langue):
$ po4a-translate -f <format> -m <maitre.doc> -p <doc.XX.po> -l <XX.doc>
Comme précédemment, <format> est le format du document maitre.doc. Mais
cette fois-ci, le fichier po fourni en paramètre de l’option -p est un
fichier d’entrée. Il s’agit de votre traduction. La sortie se trouve
dans le fichier XX.doc.
Veuillez consulter po4a-translate(1) pour plus de détails.
Comment mettre à jour une traduction faite avec po4a?
Pour mettre à jour votre traduction lorsque l’original maitre.doc a
changé, utilisez po4a-updatepo(1) comme ceci:
$ po4a-updatepo -f <format> -m <nouveau_maitre.doc> -p <ancien.XX.po>
(Veuillez consulter po4a-updatepo(1) pour plus de détails)
Naturellement, les nouveaux paragraphes de ce document ne seront pas
traduits par magie dans le fichier "po" par cette opération, et vous
devrez mettre à jour le fichier "po" manuellement. De la même façon,
vous devrez vérifier les traductions des paragraphes qui ont été
légèrement modifiés. Pour vous assurer que vous n’en oubliez pas, ils
sont marqués comme «fuzzy» pendant cette phase, et vous devrez retirer
cette marque avant d’utiliser la traduction avec po4a-translate. Comme
pour la traduction originelle, vous pouvez utiliser votre éditeur de
fichier po préféré.
Une fois que votre fichier po est de nouveau à jour, sans aucune chaîne
non traduite ou marquée comme «fuzzy», vous pouvez générer un fichier
de documentation traduit, comme expliqué dans la section précédente.
Comment convertir une traduction pré-existante à ce système?
Souvent, vous traduisez manuellement le document sans difficulté,
jusqu’à ce qu’une réorganisation majeure du document d’origine
maitre.doc apparaisse. Alors, après quelques essais infructueux en
utilisant diff ou des outils similaires, vous voulez convertir la
traduction à po4a. Mais bien sûr, vous ne souhaitez pas perdre votre
traduction existante dans le même temps. Pas de panique, ce cas est
aussi géré par les outils de po4a et est appelé gettextization.
Le point important pour ceci est d’avoir la même structure de document
pour l’original et la version traduite, de façon à ce que les outils
associent leur contenu correctement.
Si vous avez de la chance (c.-Ã -d., si les structures des deux
documents se correspondent parfaitement), ceci fonctionnera sans
soucis, et vous n’en aurez que pour quelques secondes. Sinon, vous
allez comprendre pourquoi ce processus a un nom si barbare, et vous
devriez vous préparer à une tâche ingrate. Dans tous les cas, souvenez-
vous que c’est le prix à payer pour bénéficier du confort que po4a vous
apportera par la suite. Le point positif est que vous n’aurez à faire
cela qu’une seule fois.
Ceci ne sera jamais répété suffisamment: afin de faciliter ce
processus, il est très important de trouver la version exacte qui a été
utilisée pour réaliser la traduction. La meilleure situation est quand
vous avez noté la version CVS lors de la traduction.
Ça ne fonctionnera pas très bien si vous utilisez le document d’origine
mis à jour avec l’ancienne traduction. Ça reste possible, mais sera
plus compliqué et doit être évité autant que possible. En fait, je
pense que si vous n’arrivez pas à trouver le document original, la
meilleure solution est de trouver quelqu’un pour faire la
gettextization pour vous (mais, s’il vous plaît, pas moi;).
Je dramatise peut-être un peu trop ici. Même lorsque tout ne se passe
pas bien, c’est bien plus rapide que de tout retraduire. J’ai pu
réaliser une gettextization de la traduction française de Perl en un
jour, même si les choses ne se sont pas bien passées. Il y avait plus
de deux mégaoctets de textes, et une nouvelle traduction aurait pris
des mois.
Voici d’abord la procédure, puis nous reviendrons sur les astuces qui
permettent d’y parvenir avec succès lorsqu’il y a un problème. Pour
faciliter la compréhension, réutilisons encore une fois l’exemple
précédent.
Une fois que vous avez l’ancien maitre.doc correspondant à la
traduction XX.doc, la gettextization peut être faite directement dans
doc.XX.po sans traduction manuelle du fichier traduction.pot:
$ po4a-gettextize -f <format> -m <ancien_maitre.doc> -l <XX.doc> -p <doc.XX.po>
Si vous avez de la chance, c’est fini. Vous avez converti votre
ancienne traduction pour po4a et pouvez commencer la phase de mise Ã
jour qui suit. Utiliser la procédure décrite quelques sections
auparavant pour synchroniser votre fichier po avec le nouveau document
original, et mettez à jour votre traduction en conséquence.
Veuillez noter que même si tout semble s’être bien passé, il reste une
possibilité que des erreurs se soient introduites au cours du
processus. En fait, po4a est incapable de vérifier que les chaînes
correspondent à l’original, et il marque toutes les chaînes comme
«fuzzy» au cours de cette procédure. Vous devriez vérifier chacune
d’elle soigneusement avant de retirer ces marques.
Souvent, la structure du document ne correspond pas exactement, ce qui
empêche po4a-gettextize de faire son travail correctement. Pour
contourner cela, vous pouvez éditer les fichiers afin de faire
correspondre leur structure.
La section "Gettextization: Comment ça marche?" ci-dessous pourra vous
aider. La compréhension du fonctionnement interne vous aidera Ã
réaliser cette tâche. Par chance, po4a-gettextize est relativement
bavard sur ce qui s’est mal passé. Dans un premier temps, il indique
où, dans les documents, se trouve la différence des structures. Vous
obtiendrez les chaînes qui ne correspondent pas, leur position dans le
texte, et leur type De plus, le fichier po généré ainsi sera écrit dans
gettextization.failed.po.
- Retirez toutes les parties propres à la traduction, telles que les
sections dans lesquelles vous avez indiqué le nom du traducteur et
les remerciements envers toutes les personnes qui ont contribué Ã
la traduction. Les addenda qui sont décrits dans la section
suivante vous permettront de les rajouter par la suite.
- N’hésitez pas à éditer les deux fichiers. Le plus important est
d’obtenir le fichier po. Vous pourrez le mettre à jour par la
suite. Cela dit, il est tout de même préférable d’éditer la
traduction quand c’est possible, puisque ça simplifiera les étapes
suivantes.
- Si besoin, supprimez des parties de l’original s’il se trouve
qu’elles n’ont pas été traduites. Elles reviendront par la suite
lorsque vous synchroniserez le po avec le document.
- Si vous avez un peu modifié la structure (pour combiner deux
paragraphes ou pour en découper un autre), enlevez ces
modifications. S’il y a des problèmes avec l’original, vous devriez
en informer son auteur. Faire la correction dans votre traduction
n’en fait bénéficier qu’une partie de la communauté. Et de plus, ce
n’est pas possible lorsque po4a est utilisé.
- Parfois, le contenu des paragraphes correspond, mais pas leur type.
Corriger cela dépend du format. Pour les formats pod et nroff, cela
provient souvent du fait qu’un des deux contient une ligne
commençant par des espaces et pas l’autre. Pour ces formats, cela
signifie que ce paragraphe ne doit pas être reformaté, il a donc un
type différent. Retirez simplement les espaces et vous serez
tranquille. Il se peut aussi qu’il s’agisse d’une petite erreur
dans le nom d’une balise.
De la même façon, deux paragraphes peuvent avoir été combinés, dans
le format pod, si la ligne qui les sépare contient des espaces, ou
s’il n’y a pas de ligne vide avant la ligne =item et le contenu de
cet élément.
- Il arrive également qu’il se produise une désynchronisation entre
les fichiers, et la traduction se retrouve alors attachée au
mauvais paragraphe. C’est le signe que le problème se situe avant
dans le fichier. Consultez gettextization.failed.po pour voir quand
la désynchronisation s’est produite, et corrigez-la.
- D’autres fois, vous aurez l’impression que po4a a oublié des
parties du texte original ou de la traduction.
gettextization.failed.po indique que les deux correspondent
correctement, mais la gettextization échoue parce que po4a essaie
de faire correspondre un paragraphe avec le paragraphe suivant (ou
précédant) de celui qui devrait lui être associé, comme si celui-ci
avait disparu. Vous pesterez sûrement contre po4a comme je l’ai
fait quand ça m’est arrivé.
Cette situation malheureuse se manifeste quand un même paragraphe
est répété dans le document. Dans ce cas, aucune nouvelle entrée
n’est créée dans le fichier po, mais une nouvelle référence est
ajoutée à l’entrée existante.
Donc, lorsque le même paragraphe apparaît deux fois dans l’original
mais n’est pas traduit exactement de la même façon chaque fois,
vous aurez l’impression qu’un paragraphe de l’original a disparu.
Supprimez juste la seconde traduction. Si vous préférez plutôt
supprimer la première traduction parce que la nouvelle traduction
est meilleure, enlevez la seconde de sa place et replacez-la à la
place de la première.
De la même façon, si deux paragraphes légèrement différents ont été
traduits de façon identique, vous aurez l’impression qu’un
paragraphe de la traduction a disparu. Une solution consiste Ã
ajouter une certaine chaîne dans le paragraphe du document original
(«I’m different» par exemple). Ne vous inquiétez pas, ces
modifications disparaîtront pendant la synchronisation, et quand le
texte ajouté est suffisamment court, gettext associera votre
traduction au texte existant de toute façon (en le marquant comme
«fuzzy», ce qui n’a pas d’importance puisque toutes les chaînes
sont marquées comme «fuzzy» après la gettextization).
Avec un peu de chance, ces astuces vous permettront de réaliser la
gettextization et d’obtenir le précieux po. Vous serez alors prêt pour
synchroniser votre fichier et commencer la traduction. Veuillez noter
que pour les gros fichiers, la synchronisation peut prendre beaucoup de
temps.
Par exemple, la première exécution de po4a-updatepo pour la traduction
de la documentation Perl (un fichier po de 5,5 Mo) a pris presque deux
jours sur un G5 à 1GHz. Eh oui, 48 heures. Mais les mises à jour
suivantes n’ont pris que quelques secondes sur un vieux portable. Ceci
parce que la première fois, la plupart des msgid du po ne correspondent
à aucun dans le fichier pot. Ce qui oblige gettext à rechercher la
chaîne la plus proche avec un algorithme de recherche coûteux.
Comment ajouter des choses nâ€â€™Ã©tant pas des traductions (comme le nom du
traducteur)?
Du fait de l’approche de type gettext, faire ceci est plus compliqué
avec po4a que ça ne l’était en éditant simplement le nouveau fichier et
en lisant l’original à côté. Mais ceci reste possible en utilisant les
«addenda».
Pour aider à leur compréhension, on peut considérer les addenda comme
des sortes de rustines à appliquer sur le document traduit à la fin du
processus. Ils sont assez différents des rustines usuelles (il n’y a
qu’une seule ligne de contexte, qui peut contenir une expression
rationnelle Perl, et ne peuvent que rajouter du texte, sans en
enlever), mais la fonctionnalité qu’ils apportent est la même.
Leur but est de permettre au traducteur d’ajouter au document du texte
qui ne soit pas une traduction, mais quelque chose de spécifique à la
version traduite. De cette façon, ils peuvent ajouter une section
indiquant qui a participé à cette traduction ou expliquer comment
rapporter des bogues de traduction.
Un addendum est fourni dans un fichier séparé. La première ligne
constitue un en-tête indiquant où le texte qu’il contient doit être
placé dans le document. Le reste du fichier est ajouté tel quel à cette
position dans le document résultant.
Les en-têtes ont une syntaxe relativement rigide: ils doivent commencer
par la chaîne «PO4A-HEADER:», suivie par une liste de champs de la
forme «clef=valeur» séparés par des points-virgules. Les espaces ONT
leur importance. Notez qu’il n’est pas possible d’utiliser de point-
virgule dans la valeur, même en la plaçant entre des guillemets.
Encore une fois, ça paraît peut-être effrayant, mais les exemples ci-
dessous devraient vous aider à écrire les en-têtes dont vous avez
besoin. Supposons que nous voulons ajouter une section «À propos de
cette traduction» après la section «À propos de ce document».
Voici les différentes clefs d’en-tête existantes:
position (obligatoire)
une expression rationnelle. L’addendum sera placé près de la ligne
correspondant à cette expression rationnelle. Notez qu’il s’agit
ici du document traduit, et non pas du document original. Si plus
d’une ligne correspond à cette expression (ou si aucune ne
correspond), l’ajout échouera. Il est préférable de donner un
message d’erreur que d’ajouter l’addendum au mauvais endroit.
La ligne est appelée point de position par la suite. L’endroit où
est ajouté l’addendum est appelé point d’insertion. Ces deux points
sont proches, mais pas identiques. Par exemple, si vous voulez
insérer une nouvelle section, il est plus simple de placer le point
de position au niveau du titre de la section précédente, et
d’expliquer à po4a où se termine la section (souvenez-vous que le
point de position doit être donné par une expression rationnelle ne
correspondant qu’à une seule ligne.
La localisation du point d’insertion par rapport au point de
position est contrôlée par les champs "mode", "beginboundary" et
"endboundary", comme expliqué par la suite.
Dans notre cas, nous aurons:
position=<title>À propos de ce document</title>
mode (obligatoire)
Le mode est soit «before» (avant) soit «after» (après). Il permet
de préciser la position de l’addendum par rapport au point
d’ancrage.
Comme nous voulons placer la nouvelle section sous celle qui
correspond, nous utilisons:
mode=after
beginboundary (utilisé uniquement avec mode=after, et obligatoire dans
ce cas)
endboundary (idem)
expression rationnelle correspondant à la fin de la section après
laquelle l’addendum doit être placé.
Lorsque le mode vaut «after» (après), le point d’insertion se
trouvera après le point de position, mais pas juste après! Il est
placé à la fin de la section qui débute par le point de position,
c’est-à -dire après la ligne correspondant à l’expression
rationnelle donnée par le champ "beginboundary" ou avant la ligne
correspondant à l’expression rationnelle donnée par le champ
"endboundary".
Dans notre cas, nous pouvons choisir d’indiquer la fin de la
section qui doit correspondre en ajoutant:
endboundary=</section>
ou en indiquant le début de la section suivante en indiquant:
beginboundary=<section>
Dans les deux cas, notre addendum sera placé après «</section>» et
avant «<section>». La première solution est meilleure puisqu’elle
fonctionnera toujours, même si le document est réorganisé.
Les deux existent parce que les formats des documentations sont
différents. Dans certains d’entre eux, il est possible d’indiquer
la fin d’une section comme «"</section>"» que nous avons utilisé),
et dans d’autres les fins de section ne sont pas spécifiées
explicitement (c’est le cas du format nroff). Dans le premier cas,
la «frontière» (boundary) est la fin de section, et le point
d’insertion vient après. Dans le second cas, la frontière
correspond au début de la section suivante, et le point d’insertion
vient juste avant.
Tout ceci peut sembler confus, mais l’exemple suivant devrait vous
éclairer.
Pour résumer l’exemple utilisé, pour ajouter une section appelée «À
propos de cette traduction» après la section «À propos de ce document»
dans un document sgml, vous pouvez utiliser une de ces lignes
d’en-tête.
PO4A-HEADER: mode=after; position=À propos de ce document; endboundary=</section>
PO4A-HEADER: mode=after; position=À propos de ce document; beginboundary=<section>
Si vous voulez ajouter quelque chose après la section nroff suivante:
.SH "AUTEURS"
vous devez utiliser un champ "position" correspondant à cette ligne,
et un champ "beginboundary" correspondant au début de la section
suivante (c’est-à -dire "^\.SH"). L’addendum sera placé après le point
de position et immédiatement avant la première ligne correspondant au
champ "beginboundary". C’est-à -dire:
PO4A-HEADER:mode=after;position=AUTEURS;beginboundary=\.SH
Si vous voulez ajouter quelque chose à une section (par exemple après
«Copyright Tralala») au lieu d’ajouter une section entière, vous pouvez
fournir une "position" correspondant à cette ligne, et un champ
"beginboundary" correspondant à n’importe quelle ligne.
PO4A-HEADER:mode=after;position=Copyright Tralala, 2004;beginboundary=^
Si vous voulez ajouter quelque chose à la fin du document, donnez une
position correspondant à n’importe quelle ligne du document (mais à une
seule ligne, puisque po4a n’acceptera pas que la position ne
corresponde pas à une ligne unique), et donnez un champ "endboundary"
ne correspondant à aucune ligne. N’utilisez pas de chaîne simple, comme
«FIN», mais préférez-en une qui a une chance moindre de se trouver dans
votre document.
PO4A-HEADER:mode=after;position=<title>Au sujet de...</title>;beginboundary=FausseLimitePo4a
Dans tous les cas, rappelez-vous qu’il s’agit d’une expression
rationnelle. Par exemple, si vous voulez pointer la fin d’une section
nroff qui se termine par la ligne:
.fi
N’utilisez pas ".fi" comme valeur pour endboundary, parce que cette
expression rationnelle correspond également à «ce[fi]chier», ce qui
n’est évidemment pas ce que vous voulez. La valeur du champ endboundary
dans ce cas est "^\.fi$".
Si l’addendum n’est pas positionné là où vous l’escomptiez, essayez en
fournissant l’option -vv aux outils, ce qui vous donnera des
indications sur ce qui est fait pour le placement de l’addendum.
Voici un exemple plus détaillé.
Document original (au format pod):
|=head1 NAME
|
|dummy - a dummy program
|
|=head1 AUTHOR
|
|me
Voici maintenant un addendum qui s’assure qu’une section est ajoutée Ã
la fin du fichier pour indiquer le traducteur.
|PO4A-HEADER:mode=after;position=AUTEUR;beginboundary=^=head
|
|=head1 TRADUCTEUR
|
|moi
De façon à placer l’addendum avant l’AUTEUR (section nommée AUTHOR dans
le document original), utilisez l’en-tête suivant:
PO4A-HEADER:mode=after;position=NOM;beginboundary=^=head1
Ceci fonctionne parce que la première ligne correspondant Ã
l’expression rationnelle donnée dans le champ beginboundary (/^=head1/)
après la section «NOM» (correspondant à la section «NAME» dans le
document original), est celle indiquant les auteurs. De cette façon,
l’addendum est placé entre les deux sections.
Comment automatiser tout ceci?
L’utilisation de po4a s’est montrée propice aux erreurs pour les
utilisateurs parce que deux programmes doivent être appelés dans le bon
ordre (po4a-updatepo puis po4a-translate), chacun d’eux prenant au
moins 3 paramètres. De plus, il était difficile avec ce système
d’utiliser un seul fichier po pour tous les documents quand plusieurs
formats étaient utilisés.
Le programme po4a(1) a été conçu pour répondre à ces difficultés. Une
fois que votre projet a été converti à po4a, vous écrivez un petit
fichier de configuration indiquant où se trouvent vos fichiers de
traduction (les fichiers po et pot), où se trouvent les documents
originaux, leurs formats, et où doivent être placées leur traduction.
Ensuite, l’appel de po4a(1) avec ce fichier vérifie que les fichiers po
sont synchronisés avec le document original, et que les documents
traduits sont générés correctement. Bien sûr, il vous faudra appeler ce
programme deux fois: une fois avant l’édition des fichiers po pour les
mettre à jour et une autre fois après pour mettre à jour les documents
traduits. Mais vous n’aurez qu’à vous rappeler cette commande.
Comment personaliser po4a?
Les modules po4a ont des options (fournies à l’aide de l’option -o) qui
peuvent être utilisées pour modifier le comportement du module.
Il est aussi possible de personaliser un module, d’ajouter de nouveaux
modules ou des modules dérivés / modifiés en plaçant un module dans
lib/Locale/Po4a/ et en ajoutant lib aux chemins indiqués par les
variables d’environnement PERLLIB ou PERL5LIB. Par exemple:
PERLLIB=$PWD/lib po4a --previous po4a/po4a.cfg
Note: le nom du répertoire «lib» n’est pas important.
Comment ça marche?
Cette section vous donne un bref aperçu des rouages internes de po4a
afin que vous vous sentiez plus à même de nous aider à le maintenir et
l’améliorer. Elle peut également vous permettre de comprendre pourquoi
cela ne fait pas ce que vous souhaitez et corriger vos problèmes par
vous-même.
Quel est le plan général ici?
L’architecture po4a est orientée objet (en Perl, n’est-ce pas
formidable?). L’ancêtre commun de tous les classes d’analyseur est
appelé Transtractor. Ce nom étrange provient du fait qu’il est à la
fois chargé de la traduction et de l’extraction des chaînes du
document.
Plus formellement, il prend un document à traduire et un fichier po
contenant les traductions en entrée et produit en sortie deux autres
fichiers: un autre fichier po (résultant de l’extraction des chaînes Ã
traduire du document d’entrée), et un document traduit (avec la même
structure que le document d’entrée, mais dont toutes les chaînes Ã
traduire ont été remplacées par leur traduction donnée par le po
fournit en entrée). Voici une représentation graphique de tout ceci:
document entrée --\ /---> document sortie
\ TransTractor:: / (traduit)
+-->-- parse() --------+
/ \
po entrée --------/ \---> po sortie
(extrait)
Cette forme d’os est le coeur de l’architecture de po4a. Sans le
fichier po en entrée et le document en sortie, cela donne
po4a-gettextize. Si vous fournissez les deux entrées et ignorez le po
de sortie, vous aurez po4a-translate.
TransTractor::parse() est une fonction virtuelle implémentée dans
chaque module. Voici un petit exemple pour montrer comment elle marche.
Cet exemple analyse une liste de paragraphes qui débutent tous par <p>.
1 sub parse {
2 PARAGRAPH: while (1) {
3 $my ($paragraph,$pararef,$line,$lref)=("","","","");
4 $my $first=1;
5 while (($line,$lref)=$document->shiftline() && defined($line)) {
6 if ($line =~ m/<p>/ && !$first--; ) {
7 $document->unshiftline($line,$lref);
8
9 $paragraph =~ s/^<p>//s;
10 $document->pushline("<p>".$document->translate($paragraph,$pararef));
11
12 next PARAGRAPH;
13 } else {
14 $paragraph .= $line;
15 $pararef = $lref unless(length($pararef));
16 }
17 }
18 return; # Did not got a defined line? End of input file.
19 }
20 }
À la ligne 6, <p> est rencontré pour la seconde fois. Cela indique le
passage un paragraphe suivant. Nous replaçons donc la ligne, qui vient
juste d’être obtenue, dans le document d’origine (ligne 7) et envoyons
le paragraphe ainsi construit dans les sorties. Après avoir retiré le
<p> de tête en ligne 9, nous envoyons la concaténation de cette balise
avec la traduction du reste du paragraphe.
Cette fonction translate() est très pratique. Elle envoie son paramètre
dans le fichier po de sortie (l’extraction) et renvoie sa traduction
telle qu’elle a été trouvée dans le fichier po d’entrée (la
traduction). Comme elle est utilisée dans le paramètre de pushline(),
cette traduction se retrouve dans le document de sortie.
N’est-ce pas génial? Il est possible de construire un module complet
pour po4a en moins de 20 lignes, si le format est suffisamment
simple...
Vous trouverez plus de détails à ce sujet dans
Locale::Po4a::TransTractor(3pm).
Gettextization: Comment ça marche?
L’idée ici est de prendre à la fois le document d’origine et sa
traduction, et de supposer que la Nième chaîne extraite du document
traduit correspond à la traduction de la Nième chaîne du document
original. Pour que cela fonctionne, il faut donc que les deux documents
aient exactement la même structure. Par exemple, si les fichiers ont la
structure suivante, il y a très peu de chance pour que la quatrième
chaîne de la traduction (qui est de type «chapter») soit la traduction
de la quatrième chaîne du document original (de type «paragraph»).
Original Traduction
chapitre chapitre
paragraphe paragraphe
paragraphe paragraphe
paragraphe chapitre
chapitre paragraphe
paragraphe paragraphe
Pour cela, les analyseurs po4a sont utilisés à la fois sur l’original
et sur la traduction pour extraire des fichiers po, et un troisième
fichier po est construit à partir d’eux en utilisant les chaînes du
second comme traductions des chaînes du premier. Pour s’assurer que les
chaînes ainsi associées sont bien les traductions, les analyseurs de
po4a doivent ajouter des informations sur le type syntaxique des
chaînes extraites du document (les analyseurs existants le font, les
vôtres devraient également). Ensuite, ces informations sont utilisées
pour s’assurer que les deux documents ont la même syntaxe. Dans
l’exemple précédent, cela permet de détecter que la quatrième chaîne
est dans un cas un paragraphe et dans l’autre un titre de chapitre, et
le problème est affiché.
En théorie, il devrait être possible de détecter le problème, puis de
resynchroniser les fichiers par la suite (comme le fait diff). Mais il
est alors difficile de savoir quoi faire des chaînes précédant la
désynchronisation, et le résultat pourrait parfois ne pas être bon.
C’est pourquoi l’implémentation actuelle ne resynchronise rien et
échoue avec un message d’erreur complet quand quelque chose se passe
mal, indiquant qu’une modification manuelle des fichiers est nécessaire
pour corriger le problème.
Même avec ces précautions, des erreurs peuvent survenir. C’est la
raison pour laquelle toutes les traductions trouvées de cette façon
sont marquées «fuzzy», pour s’assurer que le traducteur les relira et
vérifiera.
Fonctionnement dâ€â€™un Addendum
Bien, il n’y a rien de bien compliqué ici. La traduction n’est pas
directement écrite sur le disque, mais est conservée en mémoire jusqu’Ã
ce que tous les addenda soient ajoutés. Les algorithmes utilisés sont
assez simples. Une ligne correspondant à l’expression rationnelle de la
position est recherchée, et l’addendum est ajouté juste avant si
mode=before. Sinon, la première ligne trouvée à partir de cette
position correspondant à l’expression rationnelle donnée par le champ
boundary est recherchée et l’addendum est inséré juste après cette
ligne s’il s’agit d’un "endboundary" ou juste avant s’il s’agit d’un
"beginboundary".
FAQ
Cette section regroupe les questions le plus souvent posées. En fait,
la plupart d’entre elles sont des questions de design du projet. Si
vous pensez que po4a n’est pas la bonne réponse au problème de
traduction de documentation, lisez cette section avant de nous donner
votre avis sur la liste de diffusion
<po4a-devel@lists.alioth.debian.org>. Votre avis nous intéresse.
Pourquoi traduire chaque paragraphe séparément?
En effet, avec po4a, tous les paragraphes sont traduits séparément (en
fait, c’est au choix de chaque module, mais tous les modules existants
font ainsi, et les vôtres devraient également). Il y a deux avantages
principaux à cette approche:
· Quand les parties techniques du document sont masquées, le traducteur
ne peut pas faire de bêtises avec. Moins nous présentons de marqueurs
au traducteur, moins il pourra faire d’erreurs.
· Découper le document aide à isoler les changements apparaissant dans
le document original. Lorsque l’original est modifié, la mise à jour
des parties modifiées est plus facile.
Même avec ces avantages, certains n’aiment pas l’idée de traduire
chaque paragraphe séparément. Voici quelques réponses à leurs
inquiétudes:
· Cette approche a été couronnée de succès dans le cadre du projet KDE
et a permis de produire la plus grosse documentation traduite et mise
à jour à notre connaissance.
· Les traducteurs peuvent toujours utiliser le contexte pour traduire,
puisque les chaînes du fichier po se trouvent dans le même ordre que
dans le document original. La traduction séquentielle est donc
relativement comparable qu’elle soit faite avec ou sans po4a. Et dans
tous les cas, la meilleure façon reste de convertir le document dans
un format imprimable puisque les indications de formatage ne sont pas
vraiment lisibles.
· C’est l’approche utilisée par les traducteurs professionnels. Même si
je l’admets, leurs buts peuvent être différents des traducteurs de
logiciels à source ouvert. La maintenance étant par exemple souvent
moins critique puisque le contenu change rarement.
Pourquoi ne pas découper au niveau des phrases (ou à un niveau plus petit)?
Les outils des traducteurs professionnels découpent parfois les
documents au niveau des phrases, de façon à maximiser la réutilisation
de traductions précédentes et à accélérer leur travail. Le problème est
qu’une même phrase peut avoir plusieurs traductions en fonction du
contexte.
Les paragraphes sont par définition plus longs que les phrases. Cela
permet la plupart du temps d’assurer que deux paragraphes dans deux
documents différents auront le même sens (et la même traduction),
indépendamment du contexte.
Un découpage à un niveau encore plus petit qu’une phrase pourrait être
très gênant. Ce serait un peu long d’expliquer pourquoi ici, mais les
lecteurs intéressés pourront par exemple consulter la page de manuel
Locale::Maketext::TPJ13(3pm) (qui est fournie avec la documentation de
Perl). Pour faire court, chaque langue a ses propres règles
syntaxiques, et il n’y a aucun moyen de construire des phrases à partir
de morceaux de phrases pour toutes les langues existantes (ou pour les
5 à 10 langues les plus parlées, et même moins).
Pourquoi ne pas mettre la version originelle en commentaire avec la
traduction?
À première vue, gettext ne semble pas adapté à tous les types de
traduction. Par exemple, il ne semblait pas adapté à debconf,
l’interface que tous les paquets Debian utilisent pour l’interaction
avec l’utilisateur pendant l’installation. Dans ce cas, les textes Ã
traduire étaient assez courts (une dizaine de lignes pour chaque
fichier), et il était difficile de placer la traduction dans un fichier
séparé parce qu’il doit être disponible avant l’installation du paquet.
C’est pourquoi les concepteurs de debconf ont décidé d’implémenter une
autre solution, plaçant les traductions dans le même fichier que
l’original. C’est une solution plutôt séduisante. Certains voudront
également faire ainsi pour les fichiers xml, par exemple. Voici à quoi
cela ressemblerait:
<section>
<title lang="en">My title</title>
<title lang="fr">Mon titre</title>
<para>
<text lang="en">My text.</text>
<text lang="fr">Mon texte.</text>
</para>
</section>
Mais cette solution a été si problématique que l’approche basée sur po
est désormais utilisée. Seul l’original peut être édité dans le
fichier, et les traductions sont placées dans des fichiers po générés Ã
partir du modèle maître (et replacés au cours de la compilation).
L’ancien système a été abandonné à cause de plusieurs problèmes:
· problèmes de maintenance
Si plusieurs traducteurs fournissent une rustine (patch) au même
moment, il est difficile de les appliquer ensemble.
Comment détecter les modifications dans l’original qui doivent être
appliquées à une traduction? Pour pouvoir utiliser diff, il faut
noter la version du document original traduit. C’est-à -dire qu’il
faut un fichier po dans le fichier;)
· problèmes d’encodage
Cette solution n’est envisageable que quand seules des langues
européennes sont impliquées, mais la traduction pour le coréen, le
russe ou l’arabe peuvent compliquer la situation. UTF peut être une
solution, mais il y a également des problèmes avec.
De plus, ces problèmes sont difficiles à détecter (c.-à -d. que
seules les personnes capables de lire le coréen pourront
s’apercevoir que l’encodage pour le coréen est défectueux [ce qui
aurait été causé par un traducteur russe]).
gettext résout tous ces problèmes.
Mais gettext nâ€â€™a pas été conçu pour faire ça!
C’est vrai, mais à ce jour, personne n’a apporté de meilleure solution.
La seule solution alternative est la traduction manuelle, avec tous les
problèmes de maintenance qu’elle comporte.
Quâ€â€™en est-il des autres outils de traduction de documentation utilisant
gettext?
Il n’y en à notre connaissance que deux:
poxml
C’est l’outil développé au sein du projet KDE pour gérer les XML
DocBook. C’est à notre connaissance le premier programme qui a
extrait des chaînes à traduire d’une documentation pour les mettre
dans un fichier po, et les réinjecter ensuite dans le document
après la traduction.
Il ne peut gérer que le format XML, avec un DTD particulier. Je
n’aime pas beaucoup la façon dont les listes sont gérées: elles
sont rassemblées en un seul gros msgid. Lorsque la liste est de
taille importante, les éléments sont assez durs à gérer.
po-debiandoc
Ce programme écrit par Denis Barbier est un précurseur du module
sgml de po4a, qui le remplace plus ou moins. Comme son nom
l’indique, il ne gère que le DTD debiandoc, qui est en voie
d’extinction.
Le principal avantage de po4a par rapport à eux est la facilité
d’ajouter du contenu additionnel (ce qui est encore plus difficile avec
ces outils) et la possibilité de faire une gettextization.
Éduquer les développeurs au problème des traductions
Lors de la traduction de documentations ou de programmes, trois types
de difficultés sont rencontrés; des problèmes linguistiques (tout le
monde ne parle pas deux langues), des problèmes techniques (la raison
d’être de po4a) et des problèmes de type relationnel et humain. Tous
les développeurs ne voient pas la nécessité de réaliser des
traductions. Même avec la meilleure volonté, ils peuvent aussi ignorer
comment faciliter le travail des traducteurs. C’est pour cela que po4a
fournit une bonne quantité de documentation que vous pouvez leur
indiquer.
Un autre point important est que chaque fichier traduit contient un
petit commentaire indiquant ce qu’est le fichier et comment l’utiliser.
Ceci devrait aider les pauvres développeurs inondés de tonnes de
fichiers contenant les traductions pour des langues qu’ils ne parlent
quasiment pas, et qui devrait les aider à gérer ces fichiers
correctement.
Dans le projet po4a, les fichiers traduits ne sont plus des fichiers
source. Comme les fichiers sgml sont d’habitude des fichiers source,
ceci peut être déroutant. C’est pourquoi tous les fichiers contiennent
un en-tête similaire à celui-ci:
| *****************************************************
| * GENERATED FILE, DO NOT EDIT *
| * THIS IS NO SOURCE FILE, BUT RESULT OF COMPILATION *
| *****************************************************
|
| This file was generated by po4a-translate(1). Do not store it (in cvs,
| for example), but store the po file used as source file by po4a-translate.
|
| In fact, consider this as a binary, and the po file as a regular source file:
| If the po gets lost, keeping this translation up-to-date will be harder ;)
De la même façon, les fichiers po usuels n’ont qu’à être copiés dans le
répertoire po/. Mais ce nâ€â€™est pas le cas de ceux manipulés par po4a. Le
principal risque étant que le développeur écrase la traduction
existante de son programme avec la traduction de sa documentation. (Les
deux ne peuvent pas être stockées dans le même fichier po parce que le
programme doit installer sa traduction en tant que fichier mo et que la
documentation n’a besoin de la traduction qu’au moment de la
compilation). C’est pourquoi les fichiers po créés par le module po-
debiandoc contient l’en-tête suivant:
#
# ADVISES TO DEVELOPERS:
# - you do not need to manually edit POT or PO files.
# - this file contains the translation of your debconf templates.
# Do not replace the translation of your program with this !!
# (or your translators will get very upset)
#
# ADVISES TO TRANSLATORS:
# If you are not familiar with the PO format, gettext documentation
# is worth reading, especially sections dedicated to this format.
# For example, run:
# info -n '(gettext)PO Files'
# info -n '(gettext)Header Entry'
#
# Some information specific to po-debconf are available at
# /usr/share/doc/po-debconf/README-trans
# or http://www.debian.org/intl/l10n/po-debconf/README-trans
#
RÉSUMÉ des avantages de lâ€â€™approche basée sur gettext
· Les traductions ne sont pas stockées indépendamment de l’original, ce
qui rend possible la détection des parties à mettre à jour.
· Les traductions sont stockées dans des fichiers différents pour
chaque langue, ce qui évite les interférences entre traducteurs. Que
ce soit pour la soumission de rustines ou pour le choix d’un
encodage.
· En interne, tout est basé sur "gettext" (mais "po4a" offre une
interface simple qui ne nécessite pas de comprendre comment ça marche
en interne pour pouvoir l’utiliser). Ce qui permet de ne pas
réinventer la roue, et du fait de leur utilisation importante, nous
pouvons supposer qu’ils ont peu ou pas de bogue.
· Pour l’utilisateur final, rien ne change (à part que les
documentations seront probablement mieux maintenues:). La
documentation distribuée reste la même.
· Il n’est pas nécessaire pour les traducteurs d’apprendre une nouvelle
syntaxe et leur éditeur de fichier po préféré (qui peut être le mode
po d’emacs, kbabel ou gtranslator) sera parfait.
· Gettext permet d’obtenir facilement des statistiques sur ce qui a été
fait, ce qui doit être revu et mis à jour, et sur ce qu’il reste Ã
faire. Vous trouverez des exemples à ces adresses:
- http://kbabel.kde.org/img/previewKonq.png
- http://www.debian.org/intl/l10n/
Mais tout n’est pas rose, et cette approche a aussi quelques
désavantages que nous devons gérer.
· Les addenda sont ... surprenants au premier abord.
· Il n’est pas possible d’adapter le texte traduit à votre goût, comme
de décomposer ou recomposer des paragraphes. Mais d’un autre côté,
s’il s’agit d’un problème dans le document original, celui-ci doit
être signalé de toute façon.
· Même s’il a une interface simple, il reste un nouvel outil qu’il
faudra apprendre à maîtriser.
Un de mes rêves serait d’intégrer po4a à gtranslator ou kbabel.
Lorsqu’un fichier serait ouvert, ses chaînes seraient extraites
automatiquement. Lors de l’enregistrement, le fichier sgml traduit
serait écrit sur le disque. Si nous arrivons à faire un module pour
MS Word (TM) (ou au moins pour le format RTF), des traducteurs
professionnels pourraient même l’utiliser.
Bogues connus et demandes dâ€â€™Ã©volutions
Le plus gros problème (à part les modules manquants) est la gestion de
l’encodage. Ajouter un pragma perl UTF8, puis recoder les chaînes en
sortie est le chemin envisagé, mais ce n’est pas encore fait.
Nous aimerions également factoriser certaines parties de code
(concernant l’injection de fichier) du module sgml dans le TransTractor
de façon à ce que tous les modules puissent en profiter. Mais ceci
n’est pas visible pour les utilisateurs.
AUTEURS
Denis Barbier <barbier,linuxfr.org>
Martin Quinson (mquinson#debian.org)