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NOM

       sigaction - Examiner et modifier l’action associée à un signal

SYNOPSIS

       #include <signal.h>

       int sigaction(int signum, const struct sigaction *act,
                     struct sigaction *oldact);

   Exigences  de  macros  de  test  de  fonctionnalités  pour  la  glibc (voir
   feature_test_macros(7)) :

       sigaction() : _POSIX_C_SOURCE >= 1 || _XOPEN_SOURCE || _POSIX_SOURCE

DESCRIPTION

       L’appel système sigaction() sert à modifier l’action effectuée  par  un
       processus  à  la réception d’un signal spécifique. (Voir signal(7) pour
       une vue d’ensemble sur les signaux)

       signum indique le signal concerné, à l’exception de SIGKILL et SIGSTOP.

       Si  act  est  non  nul,  la  nouvelle  action pour le signal signum est
       définie  par  act.  Si  oldact  est  non  nul,  l’ancienne  action  est
       sauvegardée dans oldact.

       La structure sigaction est définie par quelque chose comme :

           struct sigaction {
               void     (*sa_handler)(int);
               void     (*sa_sigaction)(int, siginfo_t *, void *);
               sigset_t   sa_mask;
               int        sa_flags;
               void     (*sa_restorer)(void);
           };

       Sur  certaines architectures, on emploie une union. Il ne faut donc pas
       utiliser ou remplir simultanément sa_handler et sa_sigaction.

       L’élément sa_restorer est obsolète et  ne  devrait  pas  être  utilisé,
       POSIX ne mentionne pas de membre sa_restorer.

       sa_handler  indique  l’action  affectée  au signal signum, et peut être
       SIG_DFL pour l’action par défaut, SIG_IGN pour ignorer le signal, ou un
       pointeur sur une fonction de gestion de signaux.

       Si SA_SIGINFO est indiqué dans sa_flags, alors sa_sigaction (plutôt que
       sa_handler) pointe vers le gestionnaire de signal  pour  signum.  Cette
       fonction  prend le numéro du signal comme premier argument, un pointeur
       vers un siginfo_t  comme  second  argument,  et  un  pointeur  vers  un
       ucontext_t (transtypé en void *) comme troisième paramètre.

       sa_mask  spécifie  un masque de signaux à bloquer (c’est-à-dire ajoutés
       au masque de signaux du thread dans lequel le gestionnaire est  appelé)
       pendant  l’exécution du gestionnaire. De plus le signal ayant appelé le
       gestionnaire est bloqué à moins que l’attribut SA_NODEFER soit précisé.

       sa_flags spécifie un ensemble d’attributs qui modifient le comportement
       du signal. Il est formé par un OU  binaire  « | »)  entre  les  options
       suivantes :

           SA_NOCLDSTOP
                  Si  signum  vaut  SIGCHLD,  ne  pas  recevoir les signaux de
                  notification  d’arrêt  (quand  le  fils  reçoit  un   signal
                  SIGSTOP,  SIGTSTP,  SIGTTIN ou SIGTTOU) ou de relance (quand
                  il reçoit SIGCONT) des processus  fils.  Voir  wait(2).  Cet
                  attribut  n’a  de  sens  que  lors  de la mise en place d’un
                  gestionnaire pour SIGCHLD.

           SA_NOCLDWAIT (Depuis Linux 2.6)
                  Si signum vaut SIGCHLD,  ne  pas  transformer  les  fils  en
                  zombies  lorsqu’ils se terminent. Voir aussi waitpid(2). Cet
                  attribut n’a de sens que lors  de  la  mise  en  place  d’un
                  gestionnaire pour SIGCHLD, ou lors de la configuration de la
                  disposition de signal de SIG_DFL.

                  Si l’attribut SA_NOCLDWAIT est défini lors  de  la  mise  en
                  place  d’un  gestionnaire  pour SIGCHLD, POSIX.1 ne spécifie
                  pas si le signal SIGCHLD est généré lorsqu’un processus fils
                  se termine. Sous Linux, un signal SIGCHLD est généré dans ce
                  cas ; sur d’autres implémentations, il ne l’est pas.

           SA_NODEFER
                  Ne pas empêcher un signal d’être reçu depuis l’intérieur  de
                  son  propre  gestionnaire. Cet attribut n’a de sens que lors
                  de la mise en place d’un gestionnaire de  signal.  SA_NOMASK
                  est  un synonyme obsolète et non standard pour cet attribut.

           SA_ONSTACK
                  Appeler le gestionnaire avec une pile différente fournie par
                  sigaltstack(2). Si cette pile est indisponible, on utilisera
                  la pile par défaut. Cet attribut n’a de sens que lors de  la
                  mise en place d’un gestionnaire de signal.

           SA_RESETHAND
                  Rétablir l’action à son comportement par défaut une fois que
                  le gestionnaire a été appelé. Cet attribut n’a de  sens  que
                  lors  de  la  mise  en  place  d’un  gestionnaire de signal.
                  SA_ONESHOT est un synonyme obsolète et non standard pour cet
                  attribut.

           SA_RESTART
                  Fournir un comportement compatible avec la sémantique BSD en
                  redémarrant  automatiquement  les   appels   système   lents
                  interrompus  par  l’arrivée  du  signal. Cet attribut n’a de
                  sens que lors de la  mise  en  place  d’un  gestionnaire  de
                  signal.   Voir   signal(7)   pour   une  discussion  sur  le
                  redémarrage d’un appel système.

           SA_SIGINFO (depuis Linux 2.2)
                  Le gestionnaire de signal recevra trois  arguments,  et  non
                  plus  un  seul.  Dans  ce  cas,  il  faut utiliser le membre
                  sa_sigaction au lieu de sa_handler. Cet attribut n’a de sens
                  que lors de la mise en place d’un gestionnaire de signal.

       Le  paramètre  siginfo_t  de  la routine sa_sigaction est une structure
       contenant les éléments suivants :

           siginfo_t {
               int      si_signo;    /* Numéro de signal           */
               int      si_errno;    /* Numéro d’erreur            */
               int      si_code;     /* Code du signal             */
               int      si_trapno;   /* Numéro de trappe qui a causé
                                        le signal généré par le
                                        matériel (pas utilisé sur la
                                        plupart des architectures) */
               pid_t    si_pid;      /* PID de l’émetteur          */
               uid_t    si_uid;      /* UID réel de l’émetteur     */
               int      si_status;   /* Valeur de sortie ou signal */
               clock_t  si_utime;    /* Temps utilisateur écoulé   */
               clock_t  si_stime;    /* Temps système écoulé       */
               sigval_t si_value;    /* Valeur de signal           */
               int      si_int;      /* Signal POSIX.1b            */
               void    *si_ptr;      /* Signal POSIX.1b            */
               void    *si_addr;     /* Emplacement mémoire ayant
                                        causé l’erreur             */
               int      si_band;     /* Band event                 */
               int      si_fd;       /* Descripteur de fichier     */
           }

       si_signo, si_errno et  si_code  sont  définis  pour  tous  les  signaux
       (si_errno  n’est  généralement  pas utilisé sous Linux). Le reste de la
       structure peut être une union, de telle sorte  qu’on  puisse  lire  les
       champs spécifiques à chaque signaux.

       * Les signaux POSIX.1b et SIGCHLD remplissent si_pid et si_uid.

       * Les  horloges  POSIX.1b  (depuis Linux 2.6) remplissent si_overrun et
         si_timerid. Le champ si_timerid est un  identifiant  interne  utilisé
         par  le  noyau pour identifier l’horloge ; ce n’est pas la même chose
         que l’identifient d’horloge renvoyé par timer_create(2).

       * SIGCHLD remplit si_status, si_utime et si_stime. Les champs  si_utime
         et  si_stime  ne  comprennent  pas  le  temps  utilisé  par  les fils
         lorsqu’ils sont attendus (au contraire de getrusage(2)  et  time(2)).
         Dans  les  noyaux  antérieurs  à la version 2.6 et jusqu’à la version
         2.6.27,  ces  champs   renvoient   le   temps   CPU   en   unité   de
         sysconf(_SC_CLK_TCK). Dans les noyaux de la série 2.6, avant le noyau
         2.6.27, un bogue faisait que ces champs renvoyaient des temps mesurés
         en jiffy système (consultez time(7)).

       * si_int  et  si_ptr  sont spécifiés par l’émetteur du signal POSIX.1b.
         Voir sigqueue(2) pour plus de détails.

       * SIGILL, SIGFPE, SIGSEGV et SIGBUS remplissent si_addr avec  l’adresse
         de la faute. SIGPOLL remplit si_band et si_fd.

       si_code  est une valeur (pas un masque de bits) qui indique pourquoi ce
       signal a été envoyé. La liste suivante indique  les  valeurs  que  peut
       prendre si_code pour n’importe quel signal, avec la raison associée.

           SI_USER        kill(2) ou raise(3)

           SI_KERNEL      Envoyé par le noyau.

           SI_QUEUE       sigqueue(2)

           SI_TIMER       Fin d’une temporisation POSIX

           SI_MESGQ       Changement  d’état  d’une  file  de messages (depuis
                          Linux 2.6.6) ; consultez mq_notify(3)

           SI_ASYNCIO     Fin d’une AIO

           SI_SIGIO       SIGIO empilé

           SI_TKILL       tkill(2) ou tgkill(2) (depuis Linux 2.4.19)

       Les valeurs suivantes peuvent être prises par si_code  pour  un  signal
       SIGILL :

           ILL_ILLOPC     opcode illégal

           ILL_ILLOPN     opérande illégale

           ILL_ILLADR     mode d’adressage illégal

           ILL_ILLTRP     trappe illégale

           ILL_PRVOPC     opcode privilégié

           ILL_PRVREG     registre privilégié

           ILL_COPROC     erreur de coprocesseur

           ILL_BADSTK     erreur interne de pile

       Les  valeurs  suivantes  peuvent être prises par si_code pour un signal
       SIGFPE :

           FPE_INTDIV     division entière par zéro

           FPE_INTOVF     débordement entier

           FPE_FLTDIV     division flottante par zéro

           FPE_FLTOVF     débordement flottant

           FPE_FLTUND     débordement inférieur flottant

           FPE_FLTRES     résultat flottant inexact

           FPE_FLTINV     opération flottante invalide

           FPE_FLTSUB     indice hors intervalle

       Les valeurs suivantes peuvent être prises par si_code  pour  un  signal
       SIGSEGV :

           SEGV_MAPERR    adresse sans objet

           SEGV_ACCERR    permissions invalides pour l’objet

       Les  valeurs  suivantes  peuvent être prises par si_code pour un signal
       SIGBUS :

           BUS_ADRALN     alignement d’adresse invalide

           BUS_ADRERR     adresse physique inexistante

           BUS_OBJERR     erreur matérielle spécifique

       Les valeurs suivantes peuvent être prises par si_code  pour  un  signal
       SIGTRAP :

           TRAP_BRKPT     point d’arrêt du processus

           TRAP_TRACE     suivi d’exécution du processus

       Les  valeurs  suivantes  peuvent être prises par si_code pour un signal
       SIGCHLD :

           CLD_EXITED     fils terminé normalement

           CLD_KILLED     fils tué par un signal

           CLD_DUMPED     fils terminé anormalement

           CLD_TRAPPED    fils en cours de suivi

           CLD_STOPPED    fils arrêté

           CLD_CONTINUED  fils arrêté a redémarré (depuis Linux 2.6.9)

       Les valeurs suivantes peuvent être prises par si_code  pour  un  signal
       SIGPOLL :

           POLL_IN        données disponibles en entrée

           POLL_OUT       tampons de sortie libres

           POLL_MSG       message disponible en entrée

           POLL_ERR       Erreur d’entrées-sorties

           POLL_PRI       entrée haute priorité disponible

           POLL_HUP       périphérique débranché

VALEUR RENVOYÉE

       sigaction() renvoie 0 s’il réussit, et -1 en cas d’erreur.

ERREURS

       EFAULT act   ou  oldact  pointent  en-dehors  de  l’espace  d’adressage
              accessible.

       EINVAL Un signal invalide est indiqué. Ceci  se  produit  également  si
              l’on  tente de modifier l’action associée aux signaux SIGKILL ou
              SIGSTOP, qui ne peuvent pas être interceptés ou ignorés.

CONFORMITÉ

       POSIX.1-2001, SVr4.

NOTES

       Un fils créé par fork(2) hérite d’une copie des dispositions de signaux
       de  son père. Lors d’un execve(2), les dispositions des signaux pris en
       charge sont remises aux  valeurs  par  défaut ;  les  dispositions  des
       signaux ignorés ne sont pas modifiées.

       Comme  spécifié  par POSIX, le comportement d’un processus est indéfini
       après la réception d’un signal SIGFPE, SIGILL, ou SIGSEGV qui  n’a  pas
       été  engendré par une fonction kill(2) ou raise(3). La division entière
       par zéro a un  résultat  indéfini,  sur  certaines  architectures  elle
       déclenche  un  signal SIGFPE. De même, diviser l’entier le plus négatif
       par -1 peut déclencher SIGFPE.

       POSIX.1-1990 interdisait d’ignorer SIGCHLD avec  SIG_IGN.  POSIX.1-2001
       l’autorise,  et  ignorer  SIGCHLD  permet  donc d’éviter la création de
       zombies (voir wait(2)). Cependant, les comportements historiques de BSD
       et  de  System V  quand  SIGCHLD  est  ignoré  diffèrent, donc la seule
       méthode complètement portable pour s’assurer que les fils ne deviennent
       pas  des zombies à leur terminaison est d’intercepter le signal SIGCHLD
       et d’invoquer wait(2) ou équivalent.

       POSIX.1-1990 ne documentait que  SA_NOCLDSTOP.  POSIX.1-2001  a  ajouté
       SA_NOCLDWAIT,  SA_RESETHAND, SA_NODEFER et SA_SIGINFO. L’utilisation de
       ces dernières valeurs dans sa_flags peut être moins portable  dans  les
       applications censées s’exécuter sur des implémentations Unix anciennes.

       L’option SA_RESETHAND est compatible avec l’option SVr4 du même nom.

       L’option SA_NODEFER est compatible avec l’option SVr4 du même nom  pour
       les  noyaux  1.3.9  et  ultérieurs. Pour les noyaux plus anciens, Linux
       autorisera la réception de tous les signaux et pas seulement celui  qui
       vient de se déclencher (écrasant effectivement sa_mask ).

       sigaction()  peut  être appelé avec un second argument nul pour obtenir
       le gestionnaire de signaux actuel. On peut aussi vérifier si un  signal
       est  valide  sur la machine actuelle en l’appelant avec les deuxième et
       troisième arguments nuls.

       Il est impossible de bloquer SIGKILL or SIGSTOP (en les indiquant  dans
       sa_mask). Les tentatives seront ignorées silencieusement.

       Voir sigsetops(3) pour les détails concernant les ensembles de signaux.

       Voir signal(7) pour une liste  de  fonctions  sûres  pour  les  signaux
       asynchrones qui peuvent être appelée dans les gestionnaires de signaux.

   Non documenté
       Avant l’introduction de l’attribut SA_SIGINFO il  était  déjà  possible
       d’obtenir  des  informations supplémentaires, en ajoutant au sa_handler
       un second paramètre de type struct sigcontext. On peut  retrouver  ceci
       dans les sources du noyau. Ce mécanisme est désormais obsolète.

BOGUES

       Dans  les  noyaux  jusqu’à  2.6.13  inclus,  indiquer  SA_NODEFER  dans
       sa_flags empêchait non seulement le signal reçu d’être  masqué  pendant
       l’exécution  du  gestionnaire,  mais empêchait également les signaux de
       sa_mask d’être masqués. Ce bogue a été corrigé dans Linux 2.6.14.

EXEMPLE

       Voir mprotect(2).

VOIR AUSSI

       kill(1),  kill(2),  killpg(2),  pause(2),  sigaltstack(2),   signal(2),
       signalfd(2), sigpending(2), sigprocmask(2), sigqueue(2), sigsuspend(2),
       wait(2), raise(3), siginterrupt(3), sigsetops(3),  sigvec(3),  core(5),
       signal(7)

COLOPHON

       Cette  page  fait  partie  de  la  publication 3.23 du projet man-pages
       Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler  des
       anomalies       peuvent       être       trouvées      à      l’adresse
       http://www.kernel.org/doc/man-pages/.

TRADUCTION

       Cette page de manuel a été traduite  et  mise  à  jour  par  Christophe
       Blaess  <http://www.blaess.fr/christophe/> entre 1996 et 2003, puis par
       Alain Portal <aportal AT univ-montp2 DOT fr> jusqu’en 2006, et  mise  à
       disposition sur http://manpagesfr.free.fr/.

       Les mises à jour et corrections de la version présente dans Debian sont
       directement gérées par Julien Cristau <jcristau@debian.org> et l’équipe
       francophone de traduction de Debian.

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       Vous  pouvez  toujours avoir accès à la version anglaise de ce document
       en utilisant la commande « man -L C <section> <page_de_man> ».