epoll
Notifications d'événements d'entrées-sorties
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Notifications d'événements d'entrées-sorties
#include <sys/epoll.h>
L'interface de programmation (API) epoll réalise une tâche similaire à poll(2) : la surveillance de plusieurs descripteurs de fichier pour voir si les E/S y sont possibles. L'API epoll peut être déclenchée par niveau ou par changement d'état, et s'adapte bien à un grand nombre de descripteurs simultanés. Les appels système suivants sont fournis pour créer et superviser une instance epoll :
L'interface de distribution d'événements de epoll est capable de se comporter en détection de niveau (Level Triggered - LT) ou en détection de transition (Edge Triggered - ET). La différence entre ces deux mécanismes est décrite ci-dessous. Supposons que le scénario suivant se produise :
Si le descripteur rfd a été ajouté à l'ensemble epoll en utilisant l'attribut EPOLLET (edge-triggered), l'appel epoll_wait(2), réalisé à l'étape 5, va probablement bloquer bien qu'il y ait des données toujours présentes dans les tampons d'entrée du fichier et le pair distant attendra une réponse basée sur les données qu'il a déjà envoyées. La raison en est que le mécanisme de distribution d'événements Edge Triggered délivre les événements seulement lorsque des événements surviennent sur le fichier supervisé. Ainsi, à l'étape 5, l'appelant peut attendre des données qui sont déjà présentes dans le tampon d'entrée. Dans l'exemple ci-dessus, un événement sur rfd sera déclenché à cause de l'écriture à l'étape 2, et l'événement est consommé dans 3. Comme l'opération de lecture de l'étape 4 ne consomme pas toutes les données du tampon, l'appel à epoll_wait(2) effectué à l'étape 5 peut verrouiller indéfiniment.
Une application qui emploie l'attribut EPOLLET de la fonction epoll devrait toujours utiliser des descripteurs non bloquants pour éviter qu'une lecture ou une écriture ne bloque, par une famine, une tâche qui gère plusieurs descripteurs de fichier. L'utilisation préconisée d'epoll avec l'interface en détection de changements (EPOLLET) est la suivante :
Au contraire, lorsqu'il est utilisé avec l'interface en détection de niveau (par défaut si EPOLLET n'est pas spécifié), epoll est une alternative plus rapide à poll(2), et peut être employé chaque fois que ce dernier est utilisé, car il utilise la même sémantique.
Même dans un epoll de type Edge Triggered, plusieurs événements peuvent être générés à la réception de nombreux blocs de données. L'appelant peut, en spécifiant l'attribut EPOLLONESHOT, faire désactiver par epoll le descripteur de fichier associé, après la réception d'un événement avec epoll_wait(2). Lorsque l'attribut EPOLLONESHOT est spécifié, il est de la responsabilité de l'appelant de réarmer le descripteur en utilisant epoll_ctl(2) avec EPOLL_CTL_MOD.
Les interfaces suivantes peuvent être utilisées pour limiter la quantité de mémoire du noyau utilisée par epoll :
Tandis que l'utilisation de epoll avec un déclenchement par niveau correspond à la même sémantique que poll(2), le déclenchement par changement d'état nécessite plus d'explication pour éviter les cas de blocage. Dans cet exemple, le lecteur emploie une socket non bloquante sur laquelle listen(2) a été appelée. La fonction do_use_fd() va utiliser le nouveau descripteur de fichier, jusqu'à ce que EAGAIN soit renvoyé par read(2) ou par write(2). Une application fonctionnant par transition d'état devrait, après réception d'EAGAIN, enregistrer l'état en cours, afin que l'appel suivant de do_use_fd() continue avec le read(2) ou le write(2) où il s'est arrêté.
#define MAX_EVENTS 10
struct epoll_event ev, events[MAX_EVENTS];
int listen_sock, conn_sock, nfds, epollfd;
/* Set up listening socket, 'listen_sock' (socket(),
bind(), listen()) */
epollfd = epoll_create(10);
if (epollfd == -1) {
perror("epoll_create");
exit(EXIT_FAILURE);
}
ev.events = EPOLLIN;
ev.data.fd = listen_sock;
if (epoll_ctl(epollfd, EPOLL_CTL_ADD, listen_sock, &ev) == -1) {
perror("epoll_ctl: listen_sock");
exit(EXIT_FAILURE);
}
for (;;) {
nfds = epoll_wait(epollfd, events, MAX_EVENTS, -1);
if (nfds == -1) {
perror("epoll_pwait");
exit(EXIT_FAILURE);
}
for (n = 0; n < nfds; ++n) {
if (events[n].data.fd == listen_sock) {
conn_sock = accept(listen_sock,
(struct sockaddr *) &local, &addrlen);
if (conn_sock == -1) {
perror("accept");
exit(EXIT_FAILURE);
}
setnonblocking(conn_sock);
ev.events = EPOLLIN | EPOLLET;
ev.data.fd = conn_sock;
if (epoll_ctl(epollfd, EPOLL_CTL_ADD, conn_sock,
&ev) == -1) {
perror("epoll_ctl: conn_sock");
exit(EXIT_FAILURE);
}
} else {
do_use_fd(events[n].data.fd);
}
}
}
Lorsqu'on utilise une détection de changement d'états, pour des raisons de performances, il est possible d'ajouter le descripteur de fichier dans l'interface epoll (EPOLL_CTL_ADD) une fois, en spécifiant (EPOLLIN|EPOLLOUT). Cela évite de basculer sans cesse entre EPOLLIN et EPOLLOUT lors des appels epoll_ctl(2) avec EPOLL_CTL_MOD.
Pour les fichiers orientés paquet ou jeton (par exemple, une socket datagramme ou un terminal en mode canonique), la seule façon de détecter la fin de l'espace d'entrée-sortie pour les lectures ou écritures est de continuer à lire ou écrire jusqu'à la réception d'un EAGAIN.
Pour les fichiers orientés flux (par exemple, les tubes, FIFO ou sockets en mode flux), la disponibilité des entrées-sorties peut-être vérifiée par la quantité de données lues ou écrites avec le descripteur. Par exemple, si vous appelez read(2) en demandant la lecture d'une certaine quantité de données et que read(2) en renvoie moins, vous pouvez être sûrs d'avoir consommé tout le tampon d'entrée pour le descripteur. La même chose est vraie pour l'appel système write(2). (Évitez cette dernière technique si vous ne pouvez garantir que le descripteur de fichier surveillé correspond toujours à un fichier de type flux)
S'il y a un gros volume d'entrées-sorties, il est possible qu'en essayant de les traiter, d'autres fichiers ne soient pas pris en compte, ce qu'on appelle un cas de famine. Ce problème n'est pas spécifique à epoll.
La solution est de maintenir une liste de descripteurs prêts et de les marquer comme tels dans leur structure associée, permettant à l'application de savoir quels fichiers traiter, en organisant l'ordre au mieux. Cela permet aussi d'ignorer les événements ultérieurs sur des descripteurs prêts.
Si vous utilisez un cache d'événement, ou stockez tous les descripteurs renvoyés par epoll_wait(2), alors assurez-vous de disposer d'un moyen de marquer dynamiquement leurs fermetures (causées par un événement précédent). Supposons que vous recevez 100 événements de epoll_wait(2), et que l'événement 47 implique de fermer le descripteur 13. Si vous supprimez la structure et utilisez close(2), alors votre cache peut encore contenir des événements pour ce descripteur, et poser des problèmes de cohérence.
Une solution est d'invoquer, pendant le traitement de l'événement 47, epoll_ctl(EPOLL_CTL_DEL) pour supprimer le descripteur 13, le fermer avec close(2), et marquer sa structure associée comme supprimée. Si vous rencontrez un autre événement pour le descripteur 13 dans votre traitement, vous verrez qu'il a été supprimé précédemment, sans que cela ne prête à confusion.
L'API epoll a été introduite dans le noyau Linux 2.5.44. La prise en charge par la glibc a été ajoutée dans la version 2.3.2.
L'API epoll est spécifique à Linux. Certains autres systèmes fournissent des mécanismes similaires. Par exemple, FreeBSD propose kqueue et Solaris /dev/poll.
epoll_create(2), epoll_create1(2), epoll_ctl(2), epoll_wait(2)
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Christophe Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/> (1996-2003), Alain Portal <http://manpagesfr.free.fr/> (2003-2006). Julien Cristau et l'équipe francophone de traduction de Debian (2006-2009).
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