open, creat
Ouvrir ou créer éventuellement un fichier ou un périphérique
- Provided by: manpages-fr-dev (Version: 3.57d1p1-1)
- Source: manpages-fr
- Report a bug
Ouvrir ou créer éventuellement un fichier ou un périphérique
#include <sys/types.h> #include <sys/stat.h> #include <fcntl.h> int open(const char *pathname, int flags); int open(const char *pathname, int flags, mode_t mode); int creat(const char *pathname, mode_t mode);
Étant donné le chemin pathname d'un fichier, open() renvoie un descripteur de fichier (petit entier positif ou nul) qui pourra ensuite être utilisé dans d'autres appels système (read(2), write(2), lseek(2), fcntl(2), etc.). Le descripteur de fichier renvoyé par un appel réussi sera le plus petit descripteur de fichier non actuellement ouvert par le processus.
Par défaut, le nouveau descripteur de fichier est configuré pour rester ouvert après un appel à execve(2) (son attribut FD_CLOEXEC décrit dans fcntl(2) est initialement désactivé). L'attribut O_CLOEXEC décrit ci-dessous permet de modifier ce comportement par défaut. La position dans le fichier est définie au début du fichier (consultez lseek(2)).
Un appel à open() crée une nouvelle description de fichier ouvert, une entrée dans la table de fichiers ouverts du système. Cette entrée enregistre la position dans le fichier et les attributs d'état du fichier (modifiables par l'opération F_SETFL de fcntl(2)). Un descripteur de fichier est une référence à l'une de ces entrées ; cette référence n'est pas modifiée si pathname est ensuite supprimé ou modifié pour correspondre à un autre fichier. La nouvelle description de fichier ouvert n'est initialement partagée avec aucun autre processus, mais ce partage peut apparaître après un fork(2).
Le paramètre flags est l'un des éléments O_RDONLY, O_WRONLY ou O_RDWR qui réclament respectivement l'ouverture du fichier en lecture seule, écriture seule, ou lecture/écriture.
De plus, zéro ou plusieurs attributs de création de fichier et attributs d'état de fichier peuvent être indiqués dans flags avec un OU binaire. Les attributs de création de fichier sont O_CLOEXEC, O_CREAT, O_DIRECTORY, O_EXCL, O_NOCTTY, O_NOFOLLOW, O_TMPFILE, O_TRUNC et O_TTY_INIT. Les attributs d'état de fichier sont tous les autres attributs indiqués ci-dessous. La distinction entre ces deux groupes est que les attributs d'état de fichier peuvent être lus et (dans certains cas) modifiés ; consultez fcntl(2) pour plus de précisions.
La liste complète des attributs de création et d'état de fichier est la suivante.
Le paramètre mode indique les droits à utiliser si un nouveau fichier est créé. Ce paramètre doit être fourni quand O_CREAT ou O_TMPFILE sont indiqués dans flags ; si ni O_CREAT ni O_TMPFILE ne sont précisés, mode est ignoré. Les droits effectifs sont modifiées par le umask du processus : la véritable valeur utilisée est (mode & ~umask). Remarquez que ce mode ne s'applique qu'aux accès ultérieurs au fichier nouvellement créé. L'appel open() qui crée un fichier dont le mode est en lecture seule fournira quand même un descripteur de fichier en lecture et écriture.
Les constantes symboliques suivantes sont disponibles pour mode :
Une interface à la sémantique similaire (mais dépréciée) pour les périphériques blocs est décrite à la page raw(8).
Lorsque ces deux attributs sont spécifiés, les liens symboliques ne sont pas suivis : si pathname est un lien symbolique, open() échouera quelque soit l'endroit où pointe le lien symbolique.
En général, le comportement de O_EXCL est indéterminé s'il est utilisé sans O_CREAT. Il existe une exception toutefois : à partir de Linux 2.6, O_EXCL peut être utilisé sans O_CREAT si pathname fait référence à un périphérique bloc. Si le périphérique bloc est utilisé par le système (par exemple, s'il est monté), open() échoue avec l'erreur EBUSY.
Sur les systèmes de fichiers NFS, O_EXCL n'est pris en charge qu'avec la version NFSv3 ou ultérieure, sur les noyaux 2.6 ou plus récents. Dans les environnements NFS où la prise en charge d'O_EXCL n'est pas fournie, les programmes qui ont besoin de cette fonctionnalité pour verrouiller des tâches risquent de rencontrer une concurrence critique (race condition). Les programmes portables qui veulent effectuer un verrouillage fichier atomique en utilisant un fichier verrou et qui doivent éviter la dépendance de la prise en charge NFS pour O_EXCL peuvent créer un fichier unique sur le même système de fichiers (par exemple, avec le PID et le nom de l'hôte), et utiliser link(2) pour créer un lien sur un fichier de verrouillage. Si link(2) renvoie 0, le verrouillage est réussi. Sinon, utiliser stat(2) sur ce fichier unique pour vérifier si le nombre de liens a augmenté jusqu'à 2, auquel cas le verrouillage est également réussi.pour vérifier si le nombre de liens a augmenté jusqu'à 2. Ne pas utiliser la valeur de retour de link(2).
Les opérations suivantes peuvent être réalisées sur le descripteur de fichier obtenu :
Si l'attribut O_NOFOLLOW est également précisé, alors l'appel renvoie le descripteur de fichier d'un lien symbolique. Ce descripteur de fichier peut être utilisé comme l'argument dirfd lors d'appels aux fonctions fchownat(2), fstatat(2), linkat(2) et readlinkat(2) avec un chemin d'accès vide pour permettre à l'appel de s'exécuter sur le lien symbolique.
O_TMPFILE doit être indiqué avec soit O_RDWR, soit O_WRONLY, et facultativement O_EXCL. Si O_EXCL s’est pas indiqué, alors linkat(2) peut être utilisé pour lier le fichier temporaire dans le système de fichier, le rendant permanent, en utilisant du code comme :
char chemin[PATH_MAX];
df = open("/chemin/vers/rép.", O_TMPFILE | O_RDWR,
S_IRUSR | S_IWUSR);
/* Entrée et sortie du fichier sur « df »… */
snprintf(chemin, PATH_MAX, "/proc/self/fd/%d", df);
linkat(AT_FDCWD, chemin, AT_FDCWD, "/chemin/vers/fichier",
AT_SYMLINK_FOLLOW);
Dans ce cas, l’argument mode d’open() détermine le mode de droits du fichier, comme avec O_CREAT.
Indiquer O_EXCL en conjonction avec O_TMPFILE empêche de lier un fichier temporaire dans le système de fichiers comme précédemment (remarquez que la signification de O_EXCL dans ce cas est différente de la signification habituelle de O_EXCL).
Les deux principaux cas d’utilisation de O_TMPFILE sont présentés ci-dessous :
creat() est équivalent à open() avec l'attribut flags égal à O_CREAT | O_WRONLY | O_TRUNC.
open() et creat() renvoient le nouveau descripteur de fichier s'ils réussissent, ou -1 s'ils échouent, auquel cas errno contient le code d'erreur.
SVr4, 4.3BSD, POSIX.1-2001, POSIX.1-2008.
Les attributs O_DIRECT, O_NOATIME, O_PATH et O_TMPFILE sont spécifiques à Linux. _GNU_SOURCE doit être définie pour obtenir leurs définitions.
Les attributs O_CLOEXEC, O_DIRECTORY et O_NOFOLLOW ne sont pas spécifiés dans POSIX.1-2001, mais le sont dans POSIX.1-2008. Depuis glibc 2.12, leurs définitions peuvent être obtenues en définissant soit _POSIX_C_SOURCE avec une valeur supérieure ou égale à 200809L, soit _XOPEN_SOURCE avec une valeur supérieure ou égale à 700. Dans glibc 2.11 et les versions précédentes, les définitions peuvent être obtenues en définissant _GNU_SOURCE.
Comme indiqué dans feature_test_macros(7), les macros de test de fonctionnalités comme _POSIX_C_SOURCE, _XOPEN_SOURCE et _GNU_SOURCE doivent être définies avant d'inclure n’importe quel fichier d'en-tête.
Sous Linux, l'attribut O_NONBLOCK indique que l'on veut ouvrir mais pas nécessairement dans l'intention de lire ou d'écrire. Il est typiquement utilisé pour ouvrir des périphériques dans le but de récupérer un descripteur de fichier pour l'utiliser avec ioctl(2).
Contrairement aux autres valeurs qui peuvent être indiquées dans flags, les valeurs du mode d'accès O_RDONLY, O_WRONLY et O_RDWR ne sont pas des bits individuels. Ils définissent l'ordre des deux bits de poids faible de flags, et ont pour valeur respective 0, 1 et 2. En d'autres mots, la combinaison O_RDONLY | O_WRONLY est une erreur logique et n'a certainement pas la même signification que O_RDWR. Linux réserve le mode d'accès, particulier et non standard, mode 3 (11 en binaire) à flags pour signifier : vérifier les permissions de lecture et d'écriture du fichier et renvoyer un descripteur de fichier qui ne pourra pas être utilisé pour une lecture ou une écriture. Ce mode d'accès non standard est utilisé par certains pilotes Linux pour renvoyer un descripteur qui ne sera utilisé que par des opérations ioctl(2) spécifiques au périphérique.
L'effet (indéfini) de O_RDONLY | O_TRUNC varie selon l'implémentation. Sur de nombreux systèmes, le fichier est effectivement tronqué.
Plusieurs problèmes se posent avec le protocole NFS, concernant entre autres O_SYNC, et O_NDELAY .
POSIX fournit trois variantes différentes des entrées-sorties synchronisées, correspondant aux attributs O_SYNC, O_DSYNC et O_RSYNC. Actuellement (2.6.31), Linux implémente seulement O_SYNC, mais la glibc définit O_DSYNC et O_RSYNC à la même valeur que O_SYNC. La plupart des systèmes de fichiers Linux n'implémentent en fait pas la sémantique O_SYNC de POSIX (qui demande que les mises à jour des métadonnées d'une écriture soient sur le disque lors du retour en espace utilisateur), mais la sémantique O_DSYNC (qui ne demande uniquement que les données des fichiers et les métadonnées nécessaires pour les retrouvées soit sur le disque au moment ou l'appel système rend la main).
Notez que open() peut ouvrir des fichiers spéciaux mais creat() ne peut pas en créer, il faut utiliser mknod(2) à la place.
Sur les systèmes de fichiers NFS, où la correspondance d'UID est activée, open() peut renvoyer un descripteur de fichier alors qu'une requête read(2) par exemple sera refusée avec le code d'erreur EACCES. En effet, le client a effectué open() en vérifiant les autorisations d'accès, mais la correspondance d'UID est calculée par le serveur au moment des requêtes de lecture ou d'écriture.
Si un fichier est créé, ses horodatages st_atime, st_ctime, st_mtime (respectivement heure de dernier accès, de dernière modification d'état, et de dernière modification ; consultez stat(2)) sont définis à l'heure actuelle, ainsi que les champs st_ctime et st_mtime du répertoire parent. Sinon, si le fichier est modifié à cause de l'attribut O_TRUNC, ses champs st_ctime et st_mtime sont remplis avec l'heure actuelle.
L'attribut O_DIRECT peut imposer, pour des raisons d'alignement, des restrictions sur la longueur et l'adresse des tampons de l'espace utilisateur et des déplacements dans les entrées-sorties de fichiers. Sous Linux, les restrictions d'alignement varient en fonction du système de fichiers et de la version du noyau, et il peut aussi ne pas y en avoir. Cependant, il n'y a pas actuellement d'interface indépendante du système de fichiers qui permette aux applications de découvrir ces restrictions pour un fichier ou système de fichiers donné. Certains systèmes de fichiers fournissent leur propre interface pour faire cela, comme par exemple l'opération XFS_IOC_DIOINFO de xfsctl(3).
Sous Linux 2.4, la taille des transferts, l'alignement du tampon et la position dans le fichier doivent être des multiples de la taille de blocs logiques du système de fichiers. Sous Linux 2.6, un alignement sur des multiples de 512 octets est suffisant.
Les E/S O_DIRECT ne devraient jamais être exécutées en même temps que l'appel système fork(2), si le tampon mémoire est une projection privée (c'est-à-dire n'importe quelle projection en mémoire créée avec l'attribut MAP_PRIVATE de mmap(2), y compris la mémoire allouée sur le tas et les tampons alloués de façon statique). Toutes ces E/S, qu'elles soient soumises par l'intermédiaire d'une interface d'E/S asynchrone ou depuis un autre thread du processus, devraient être achevées avant l'appel de fork(2). En cas d'échec, les conséquences pourraient être une corruption de mémoire ou un comportement imprévisible dans les processus père et fils. Cette restriction ne s'applique pas quand le tampon mémoire pour les E/S O_DIRECT a été créé en utilisant shmat(2) ou mmap(2) avec l'attribut MAP_SHARED. Cette restriction ne s'applique pas non plus quand le tampon mémoire a été configuré comme MADV_DONTFORK avec madvise(2), en s'assurant qu'il ne sera pas disponible au fils après fork(2).
L'attribut O_DIRECT a été introduit par SGI IRIX, qui a des restrictions d'alignement identiques à Linux 2.4. IRIX a aussi un appel fcntl(2) pour obtenir les alignements et tailles appropriés. FreeBSD 4.x a introduit un attribut du même nom, mais sans les restrictions d'alignement.
La gestion de O_DIRECT a été ajouté dans Linux 2.4.10. Les noyaux plus anciens ignorent simplement cet attribut. Certains système de fichiers peuvent ne pas supporter cet attribut et open() échouera avec l'erreur EINVAL s'il a été utilisé.
Les applications devraient éviter de mélanger des entrées-sorties O_DIRECT et normales pour le même fichier, en particulier sur des régions d'un même fichier qui se recouvrent. Même si le système de fichiers gère les problèmes de cohérence dans cette situation, le débit global d'entrées-sorties sera moindre que si un seul mode était utilisé. De la même façon, les applications devraient éviter de mélanger l'utilisation de mmap(2) et d'entrées-sorties directes pour les mêmes fichiers.
Le comportement de O_DIRECT avec NFS diffère des systèmes de fichiers locaux. Les anciens noyaux, ou les noyaux configurés d'une certaine façon, peuvent ne pas gérer cette combinaison. Le protocole NFS ne gère pas le passage de l'attribut au serveur, les entrées-sorties O_DIRECT ne font donc que le cache des pages du client ; le serveur pourra toujours utiliser un cache pour les entrées-sorties. Le client demande au serveur de rendre les entrées-sorties synchrones pour préserver la sémantique synchrone de O_DIRECT. Certains serveurs fonctionnent mal dans ces circonstances, tout particulièrement si les entrées-sorties sont de petite taille. Certains serveurs peuvent aussi être configurés pour mentir aux clients et indiquer que les entrées-sorties ont atteint un espace de stockage stable ; ceci évitera la perte de performance en augmentant les risques pour l'intégrité des données en cas de problème d'alimentation du serveur. Le client NFS Linux n'a pas de restriction d'alignement pour les entrées-sorties O_DIRECT.
En résumé, O_DIRECT est un outil potentiellement puissant qui doit être utilisé avec précaution. Les applications devraient utiliser O_DIRECT comme une option pour améliorer les performances, qui devrait être désactivée par défaut.
Actuellement, il n'est pas possible d'activer les entrées-sorties contrôlées par les signaux en indiquant O_ASYNC lors de l'appel open() ; il faut utiliser fcntl(2) pour activer cet attribut.
Deux codes d’erreur différents – EISDIR et ENOENT — doivent être vérifiés pour essayer de déterminer si le noyau prend en charge la fonctionnalité O_TMP_FILE.
chmod(2), chown(2), close(2), dup(2), fcntl(2), link(2), lseek(2), mknod(2), mmap(2), mount(2), openat(2), read(2), socket(2), stat(2), umask(2), unlink(2), write(2), fopen(3), fifo(7), path_resolution(7), symlink(7)
Cette page fait partie de la publication 3.57 du projet man-pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies peuvent être trouvées à l'adresse http://www.kernel.org/doc/man-pages/.
Depuis 2010, cette traduction est maintenue à l'aide de l'outil po4a <http://po4a.alioth.debian.org/> par l'équipe de traduction francophone au sein du projet perkamon <http://perkamon.alioth.debian.org/>.
Christophe Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/> (1996-2003), Alain Portal <http://manpagesfr.free.fr/> (2003-2006). Julien Cristau et l'équipe francophone de traduction de Debian (2006-2009).
Veuillez signaler toute erreur de traduction en écrivant à <debian-l10n-french@lists.debian.org> ou par un rapport de bogue sur le paquet manpages-fr.
Vous pouvez toujours avoir accès à la version anglaise de ce document en utilisant la commande « man -L C <section> <page_de_man> ».